Pastef : la rivalité Sonko-Coly ébranle le parti à Ziguinchor

À Ziguinchor, les dissensions internes de Pastef éclatent au grand jour. Le maire Djibril Sonko et son adjoint Bassirou Coly s’affrontent pour la direction locale. L’unité du parti dans cette région stratégique vacille, exposant des divisions profondes.

Dans le bastion d’Ousmane Sonko à Ziguinchor, la situation ressemble à une bombe politique. Sous les appels à la mobilisation, les rivalités s’aggravent et compromettent la cohésion du parti. Tout a commencé par un meeting à Soucoupapaye, destiné à remobiliser les troupes pour les futures échéances. Mais l’événement a vite dévié de son objectif.

Avec la présence de cadres comme Toussaint Manga et Alassane Diédhiou, les discours ont révélé une opposition ouverte. D’un côté, les soutiens du maire mettent en avant son bilan. De l’autre, une aile menée par Bassirou Coly réclame un changement et envisage de se présenter à la mairie.

Une unité de façade de plus en plus fragile

Les tensions se sont concentrées sur la mairie de Ziguinchor. Lors des débats, Bassirou Coly a affiché ses ambitions, déclarant vouloir être candidat, tout en promettant de respecter la décision du parti.

De son côté, Djibril Sonko a justifié son bilan et son investissement, repoussant les critiques et insistant sur son enracinement. Sans citer ses détracteurs, il a suggéré que les querelles internes ne devaient pas entraver le développement local.

Ces déclarations publiques ont agi comme un détonateur. Depuis des mois, des conflits latents agitaient les instances locales. Aujourd’hui, ils éclatent, attisés par des rivalités personnelles et des appétits politiques.

Pour les militants, cette étape est alarmante. Alors que Pastef veut renforcer sa présence dans sa zone forte, ces dissensions pourraient freiner son élan. Au-delà de la ville, Ziguinchor est un symbole pour Ousmane Sonko, un indicateur de la santé du parti dans le sud.

Des cadres locaux mettent en garde contre une défaite aux prochaines élections. Perdre Ziguinchor enverrait un mauvais signal avant la présidentielle de 2029, avec les municipales de 2027 comme test. Malgré les appels à l’unité, les luttes intestines continuent, alimentées par des déclarations publiques.