Partenariat public-privé dans le transport de l’énergie au Cameroun : une solution pour les pertes électriques
Le Cameroun franchit un nouveau cap dans le secteur énergétique en se tournant vers le partenariat public-privé (PPP) pour moderniser le transport de l’électricité. Le ministre de l’Eau et de l’Énergie l’a annoncé lors d’une rencontre avec l’ambassadeur d’Italie au Cameroun, Filippo Scammacca del Murgo, et Riccardo Rossi Van Lamsweerde, responsable régional de la Cassa Depositi e Prestiti.
Face à des difficultés de trésorerie qui freinent les investissements, le gouvernement camerounais opte pour le PPP, une formule longtemps préconisée par les économistes. Le ministère des Finances, accaparé par le remboursement de dettes non productives, ne parvient pas à honorer ses engagements envers KPDC, privant le pays de 300 MW d’électricité. Par ailleurs, le Cameroun subit une perte quotidienne de 30 MW d’énergie, soit l’équivalent de la production du barrage de Lagdo, en raison d’un réseau de transport défaillant.
Le recours au partenariat public-privé permettra aux investisseurs privés d’apporter des capitaux pour remédier à ces pertes et améliorer l’infrastructure électrique. Lors de l’audience avec le diplomate italien, le ministre a souligné l’urgence de cette approche.
Des critiques émergent également : pourquoi le ministère des Transports ne recourt-il pas au PPP pour les projets routiers interminables comme les autoroutes Douala-Yaoundé et Yaoundé-Nsimalen ? Ces chantiers, souvent confiés à des entreprises peu compétentes, auraient pu être réalisés plus efficacement via un modèle public-privé. La perte de 30 MW, connue depuis 2014, aurait pu être résolue plus tôt, mais le gouvernement a préféré investir plus de 100 milliards de FCFA dans le barrage de Mekin plutôt que de colmater cette brèche.
Le partenariat public-privé implique une gestion complète des projets par des partenaires privés, de la conception à la réalisation, ce qui exclut les fonctionnaires souvent responsables de retards et de surcoûts. Une solution prometteuse pour le Cameroun, qui souffre de projets immatures et d’« éléphants blancs ».