Dès les premières minutes de la séance de tirs au but, les boulevards parisiens sont devenus le théâtre d’une liesse populaire sans précédent. Les chants des supporters, scandant « Sa-fo-nov » à tue-tête, ont résonné dans l’air chaud de la soirée. Les fumigènes, sortis prématurément, ont teinté le ciel de rouge et bleu, tandis que les écrans géants des bars affichaient la progression du score.
L’explosion de joie a été immédiate après le penalty victorieux de Gabriel. Mais cette euphorie a rapidement cédé la place à la pagaille lorsque les gaz lacrymogènes des CRS ont enveloppé les rues. La foule, surprise par cette réaction musclée, a cherché un refuge éphémère, les yeux piqués et la gorge irritée.
131 interpellations : un bilan en nette baisse par rapport à 2025
Les Champs-Élysées, épicentre des festivités, ont vu défiler des milliers de supporters malgré les contrôles stricts. Les forces de l’ordre, déployées en nombre, ont procédé à des fouilles systématiques, mais n’ont pu empêcher le lancement de feux d’artifice et de pétards. Les chants « Après tant d’années » et « Et Ousmane Ballon d’Or » ont rythmé les échanges, interrompus par les charges des CRS dès que les regroupements devenaient trop denses.
Le jeu du chat et de la souris entre les forces de l’ordre et les 20 000 supporters a persisté jusqu’aux dernières heures de la nuit. La préfecture de police a recensé 131 interpellations et un policier blessé vers 23 heures, un chiffre quatre fois inférieur à celui de l’année précédente, lors de la victoire contre l’Inter Milan. « Il y a moins de débordements, mais la soirée n’est pas encore terminée », confiait un CRS près de la rue du Colisée.

La routine des grands soirs a peut-être joué en faveur d’un calme relatif. « On a déjà vécu ça l’an dernier, alors il y a moins de stress », témoignait Benji, un habitué des célébrations parisiens. Pourtant, malgré la chaleur étouffante (37°C en journée), l’ambiance est restée électrique. Des klaxons dans la rue La Boétie aux explosions de pétards sur les Grands Boulevards, les stigmates de la fête étaient visibles. Un cordon de véhicules policiers boulevard Montmartre à 23 heures rappelait que la tension n’avait pas totalement disparu.
Dès le matin, l’effervescence était palpable. Les terrasses des cafés, les rues adjacentes au Parc des Princes et même les conversations des passants ne parlaient que de ce match. À Ivry, des anciens débattaient des risques encourus : « Je vais regarder le match à la maison, pas envie de finir en garde à vue pour rien ! »
Les artifices, achetés en masse sur les réseaux sociaux avant le coup d’envoi, ont confirmé les craintes d’une soirée explosive. En remontant la rue du Faubourg-Montmartre, un vieil homme, les yeux encore irrités par les résidus de gaz, interrogeait son voisin : « Je suppose que c’est le PSG qui a gagné ? » Sans équivoque possible.