ONU appelle le Burkina Faso à protéger les libertés civiles et politiques
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a lancé un appel pressant au gouvernement du Burkina Faso pour qu’il mette fin aux restrictions imposées à l’espace civique et revienne sur sa décision d’interdire les partis politiques. Une demande formulée dans un contexte où les libertés fondamentales se trouvent de plus en plus menacées.
À travers un communiqué officiel, Volker Türk a souligné l’urgence de rétablir un cadre respectueux des droits humains. « Ce n’est pas une avancée pour les droits humains au Burkina Faso », a-t-il déclaré. Il a insisté sur l’importance de permettre aux acteurs de la société civile, y compris les organisations humanitaires, d’exercer librement leurs activités, tout en respectant les principes d’association et d’expression.
Interdiction des partis politiques et restrictions accrues
Le 29 janvier 2026, les autorités burkinabè ont annoncé des mesures radicales visant à dissoudre tous les partis politiques et à abroger leur cadre juridique. Cette décision s’inscrit dans la continuité d’une série de restrictions initiées depuis septembre 2022, lorsque les activités politiques avaient déjà été suspendues. Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a rappelé que ces suspensions, souvent arbitraires, privent la population de tout espace d’expression démocratique.
En 2025, plusieurs organisations, tant nationales qu’internationales, ont vu leurs activités interrompues sans justification claire. Les prétextes avancés, comme la collecte non autorisée de données ou des atteintes à l’ordre public, s’avèrent flous et difficiles à vérifier. Par ailleurs, une loi restrictive sur la liberté d’association a été adoptée en juillet 2025, suivie en novembre d’un décret imposant aux ONG de gérer leurs comptes bancaires exclusivement auprès d’une banque d’État. Ces mesures, combinées à d’autres restrictions, ont considérablement affaibli la société civile burkinabè, en violation du droit international.
Ces décisions entravent non seulement les activités des organisations locales, mais aussi l’accès des populations vulnérables à l’aide humanitaire. Les opérations d’assistance deviennent plus complexes, voire impossibles dans certaines zones, ce qui aggrave la situation des personnes dans le besoin.
Violations des droits humains : un bilan alarmant
Malgré la libération de plusieurs détenus arbitrairement emprisonnés en 2025, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) continue de recevoir des signalements de disparitions forcées et d’arrestations arbitraires. Parmi les victimes figurent des journalistes, des magistrats, des responsables politiques et des membres d’organisations de la société civile. Ces pratiques, en plus de restreindre les libertés, sapent la confiance dans les institutions et alimentent les tensions sociales.
En décembre 2025, une feuille de route avait été convenue entre le HCDH et le gouvernement du Burkina Faso. Ce document prévoyait notamment la fin de l’impunité, le respect des droits fondamentaux, une assistance aux victimes et le renforcement des mécanismes nationaux de protection des droits humains. Volker Türk a salué ces engagements, mais a rappelé leur caractère urgent : « Ils doivent se traduire par des actions concrètes et immédiates ».
Il a également insisté sur la nécessité de lever les lois restrictives, de faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire et de libérer sans condition les personnes détenues arbitrairement. « Les responsables de violations des droits humains doivent rendre des comptes. » a-t-il ajouté.
Pour une paix et une cohésion sociale durables
Selon Volker Türk, un espace civique et démocratique, permettant l’expression pluraliste des partis et des organisations, est indispensable à la construction d’une paix et d’une sécurité durables au Burkina Faso. Il a conclu en insistant sur l’importance de renforcer l’État de droit, garant d’une société plus juste et stable.