Niger: une nouvelle attaque jihadiste à l’aéroport de Niamey fait 13 morts

Au moins onze soldats et deux civils ont perdu la vie ce jeudi 18 juin lors d’une incursion armée visant l’aéroport international de Niamey, au Niger. Cette attaque intervient six mois après une précédente offensive revendiquée par le groupe État islamique contre le même site stratégique.

Selon le ministère nigérien de la Défense, des assaillants équipés de ceintures explosives ont tenté de pénétrer dans l’aérogare. «La prompte réaction des forces de sécurité a permis d’empêcher les assaillants d’atteindre l’aérogare», précise le communiqué officiel lu à la télévision nationale. Le bilan provisoire fait état de 13 morts côté loyaliste – 11 militaires et 2 civils – et de 4 blessés. Côté adverse, 22 assaillants ont été neutralisés et une vingtaine de suspects interpellés.

Le gouvernement assure que la situation est désormais maîtrisée et que l’aéroport reste ouvert au trafic aérien, bien que plusieurs vols aient été déviés ou retardés selon le site Flightradar. Une vaste opération de ratissage est en cours dans les quartiers environnants.

Un site sensible sous haute tension

Les premiers coups de feu ont éclaté vers 06h (05h GMT) près d’un poste de contrôle sur l’unique route d’accès à l’aéroport, rapportent des résidents. Les assaillants seraient arrivés en taxi avant de se heurter à une résistance farouche des forces de l’ordre. Le calme est revenu vers 10h, et les hommes armés se sont dispersés dans les quartiers voisins où des ratissages sont menés avec l’aide de la population.

Cette attaque survient moins de six mois après celle du 29 janvier, qui avait marqué un tournant : pour la première fois, l’aéroport de la capitale était pris pour cible par des jihadistes. Quatre blessés et d’importants dégâts matériels avaient été enregistrés. Le général Abdourahamane Tiani, chef du régime militaire issu du coup d’État de juillet 2023, avait alors évoqué une «faille dans le dispositif» ayant permis cette opération dont l’objectif était de détruire les capacités aériennes de l’armée.

Depuis, les autorités ont renforcé la sécurité autour de l’aéroport : allongement du mur de clôture et installation de plus de 350 caméras de surveillance. Le site reste particulièrement sensible en raison de la présence de concentré d’uranium entreposé depuis plusieurs mois, en attente d’exportation.