Niger : tiani finalise la prise de contrôle du secteur uranifère face à orano
Sous l’impulsion du général Abdourahamane Tiani, président de la République du Niger, les autorités nigériennes ont acté lors d’un Conseil des ministres une étape majeure dans la souveraineté minière du pays. Le 18 mai 2026, la création de la société Teloua Safeguarding Uranium Mining Company (TSUMCO SA) a été officialisée, marquant l’annulation définitive de la concession accordée au groupe français Orano sur le riche gisement d’Arlit. Cette décision historique met un terme à plus de cinquante années de domination française dans l’exploitation de l’uranium nigérien.
Une transition minière planifiée depuis 2023
L’éviction d’Orano s’inscrit dans une stratégie progressive engagée après les événements de juillet 2023. Les autorités de Niamey ont mené une offensive méthodique : retrait du permis d’exploitation en 2024, nationalisation en 2025 de la Société des Mines de l’Aïr (SOMAÏR SA) — désormais intégrée à TSUMCO SA — puis création d’une structure étatique dédiée. Le choix du nom Teloua, en hommage à la nappe phréatique souterraine sous l’ancienne mine COMINAK, symbolise cette renaissance industrielle. Le gouvernement nigérien reproche à Orano une gestion environnementale défaillante, pointant la présence de millions de tonnes de déchets radioactifs accumulés depuis les années 1970, avec des conséquences graves pour les populations locales et les écosystèmes.
Orano riposte devant les tribunaux, les exportations paralysées
Le groupe français, majoritairement détenu par l’État français, a lancé plusieurs procédures d’arbitrage international pour contester la décision nigérienne. Un tribunal arbitral a déjà ordonné à Niamey de suspendre toute commercialisation de l’uranium extrait de SOMAÏR, dont les réserves s’élèveraient à environ 1 300 tonnes de concentré, représentant selon Orano une valeur potentielle de 250 millions d’euros. Le ministre nigérien des Mines, Ousmane Abarchi, a dénoncé ces recours comme une tentative de « pression systématique » pour entraver la souveraineté économique du Niger.
L’issue de ce bras de fer judiciaire déterminera la capacité de TSUMCO SA à exporter sa production sur le marché mondial. Aucune date limite n’a encore été communiquée concernant la résolution de ce litige international.