Niger : création de tsumco sa, la fin de la présence d’orano dans l’uranium national

Le gouvernement nigérien a acté la fin définitive de la concession accordée au groupe français Orano Mining pour l’exploitation des ressources uranifères du pays. Une décision historique qui se traduit par la création d’une société nationale dédiée, marquant une rupture nette avec l’héritage colonial minier.

une nouvelle ère pour le secteur minier nigérien

Lors de sa dernière réunion, le Conseil des ministres, présidé par le président de la République Abdourahamane Tiani, a adopté un décret instaurant la Teloua Safeguarding Uranium Mining Company (TSUMCO SA). Cette structure remplace la Société des mines de l’Aïr (SOMAIR), nationalisée en 2025, et met un terme à l’accord d’exploitation d’Arlit signé en 1978 avec Orano Mining (anciennement Areva). Ce contrat, initialement prévu pour 75 ans, est désormais caduc.

Le choix du nom Teloua – en référence à une nappe phréatique de la région d’Arlit – symbolise la volonté des autorités de réparer les dégâts environnementaux causés par des décennies d’exploitation minière intensive. Les sites d’Arlit, où se trouvait notamment la mine COMINAK exploitée par Orano entre 1978 et 2021, ont subi des impacts dramatiques sur les sols, les nappes d’eau et les écosystèmes sahariens, selon le gouvernement.

un conflit juridique en toile de fond

Cette transition s’accompagne d’une bataille juridique avec le groupe français. Depuis août 2024, une ordonnance nigérienne impose une redevance superficiaire de 25 millions de francs CFA par km² et par an pour les zones minières non exploitées. Orano Mining, qui refuse de s’acquitter de cette somme, a reçu une mise en demeure en septembre 2025. L’absence de paiement a servi de base légale à l’annulation du contrat, renforçant la position de Niamey.

Le ministre nigérien des Mines, Ousmane Abarchi, dénonce un « harcèlement judiciaire » de la part d’Orano, dont les recours visent à bloquer les exportations d’uranium nigérien. Ces tensions s’inscrivent dans un contexte plus large de rupture politique et économique entre le Niger et la France, affectant les relations sécuritaires et stratégiques entre les deux pays.

des enjeux économiques et environnementaux majeurs

La création de TSUMCO SA marque une étape clé dans la souveraineté minière du Niger, qui cherche à reprendre le contrôle de ses ressources naturelles. Les autorités rappellent également les obligations fiscales et environnementales non respectées par Orano Mining dans le cadre des anciens accords. Cette décision pourrait redéfinir les équilibres du marché mondial de l’uranium, le Niger étant un acteur historique de ce secteur.