Niamey — La souveraineté économique se bâtit désormais dans les ateliers et les usines. Au Niger, où chaque goutte d’huile et chaque bouteille d’eau minérale comptent, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, a fait le choix de l’immersion totale. En sillonnant les sites industriels, il trace une voie concrète vers une économie nationale plus autonome.
Mardi, il a poursuivi sa tournée dans trois unités clés : Sahel Agro Ingénierie, spécialisée dans les huiles végétales locales, ainsi que les usines d’eau minérale Benie et Belvie. Bien plus qu’un déplacement protocolaire, cette visite avait pour objectif de sonder les forces vives de l’industrie nigérienne et de cerner les freins persistants à son essor.
Des huiles locales à l’eau minérale : une industrie en mouvement
Chez Sahel Agro Ingénierie, les discussions ont porté sur les défis et les ambitions de l’entreprise, qui transforme chaque jour près de 1 000 litres d’huile à partir d’arachide, de sésame et de souchet. Une production qui, bien qu’encourageante, reste un point de départ pour réduire la dépendance du pays aux importations d’huiles alimentaires et renforcer l’autonomie économique.
Les usines d’eau minérale Benie et Belvie ont ensuite été au cœur des échanges. Le ministre y a évalué les processus de fabrication, depuis le traitement de l’eau jusqu’au conditionnement final. Une attention particulière a été accordée au respect des normes sanitaires et aux dispositifs de contrôle qualité, essentiels pour garantir des produits conformes aux standards internationaux.
Énergie, logistique et investissements : les défis à surmonter
Ces rencontres ont révélé les obstacles majeurs auxquels l’industrie locale est confrontée. Les contraintes énergétiques, les lacunes logistiques et les besoins criants en investissements figurent parmi les priorités à adresser pour libérer le potentiel de croissance du secteur.
Face à ces enjeux, Abdoulaye Seydou a réaffirmé les engagements du gouvernement : produire des biens de qualité, stabiliser les prix sur le marché intérieur et accélérer le développement d’un tissu industriel résilient. Une stratégie visant à ancrer durablement la production locale comme fondement de l’indépendance économique du Niger.
Une stratégie de proximité pour une économie souveraine
Cette mission s’inscrit dans une dynamique plus large, marquée par des tournées ministérielles régulières à travers le pays. L’objectif ? Maintenir un dialogue constant avec les acteurs industriels et adapter les politiques publiques aux réalités du terrain.
La transformation locale n’est plus une option, mais une nécessité. En misant sur la création de valeur ajoutée, la réduction des importations et la consolidation de l’autonomie industrielle, le Niger se dote des outils pour bâtir une économie plus forte et plus résiliente.