L’Observatoire national nigérien de la communication (ONC), dirigé par Ibrahim Manzo Diallo, a récemment annoncé sur la chaîne publique « Télé Sahel » la suspension de neuf médias francophones et panafricains opérant au Niger. Cette décision est motivée par des préoccupations concernant l’ordre public et la cohésion nationale.
Parmi les entités médiatiques affectées par cette mesure figurent des noms bien connus tels que France 24, Radio France Internationale (RFI), l’Agence France-Presse (AFP), TV5Monde, TF1 Info, Jeune Afrique, Mediapart, France Afrique Média et LSI Africa.
L’ONC justifie cette suspension médias Niger en affirmant que certains contenus diffusés seraient « susceptibles de mettre gravement en péril l’ordre public, l’unité nationale et la stabilité des institutions » du pays. Les autorités de Niamey ont ainsi étendu cette interdiction à tous les canaux de diffusion, incluant les satellites, réseaux câblés, sites internet, plateformes numériques et applications mobiles. Pour les autorités nigériennes, l’espace médiatique est désormais perçu comme un enjeu stratégique directement lié à la sécurité nationale.
Cette initiative intervient dans un contexte de renforcement du discours sur la souveraineté informationnelle au Niger. La région ouest, notamment la zone de Tillabéri, proche du Mali et du Burkina Faso, fait face à une recrudescence des attaques de groupes armés terroristes. En janvier 2026, un groupe armé islamiste, l’« État islamique au Sahel » (EIS), a été responsable de la mort de 31 civils, dont quatre enfants, ainsi que de cinq combattants capturés, lors de deux assauts dans l’ouest du Niger.
Par cette décision, les autorités nigériennes cherchent manifestement à contrôler l’ensemble des canaux d’information jugés influents sur la scène médiatique nationale. Le gouvernement nigérien et ses organes de régulation considèrent de plus en plus l’information comme une composante stratégique de la sécurité nationale, au même titre que les questions politiques, diplomatiques ou sécuritaires.
Cette nouvelle orientation de Niamey s’inscrit également dans des réflexions conjointes avec les deux autres nations de l’Alliance des États du Sahel (AES), le Mali et le Burkina Faso. Ces discussions visent à établir une coopération renforcée en matière de régulation des médias et de gestion des flux d’information au sein de l’alliance.