Mobilisation contre la dérive autoritaire au Tchad
Le mouvement Wakit Tama lance un appel urgent à la résistance civile au Tchad
Dans un contexte politique de plus en plus tendu au Tchad, le mouvement Wakit Tama, principale force d’opposition, a organisé une conférence de presse ce 14 mai 2026 pour dénoncer ce qu’il qualifie de glissement vers un régime autoritaire sous la présidence de Mahamat Idriss Déby Itno.
Une mobilisation populaire prévue le 16 mai
À quelques jours de la manifestation pacifique annoncée pour le 16 mai prochain, les responsables de Wakit Tama ont tiré la sonnette d’alarme lors de cette rencontre avec les médias. Le porte-parole du mouvement, Abdelazim Mht Abakar, a souligné l’importance de cette mobilisation comme dernière chance pour le peuple tchadien de faire entendre sa voix face à ce qu’il considère comme une instrumentalisation du pouvoir.
Les journalistes tchadiens sous les projecteurs
Le mouvement a tenu à saluer le courage des journalistes du pays, qu’il décrit comme « les sentinelles de la vérité dans un environnement hostile ». Malgré les pressions politiques, les intimidations et les censures, ces professionnels maintiennent, selon Wakit Tama, un rempart essentiel contre l’oubli et la désinformation orchestrée par le régime.
Des condamnations judiciaires qualifiées de « justice politique »
Wakit Tama a vivement réagi à la récente condamnation de huit dirigeants de la coalition GCAP à huit ans de prison ferme. Pour le mouvement, cette décision judiciaire sape toute crédibilité du système judiciaire tchadien, qu’il accuse désormais de servir uniquement les intérêts du pouvoir en place. La libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques est devenue une priorité absolue pour l’opposition, qui demande également la libération de l’ancien Premier ministre Succès Masra et de tous les détenus d’opinion.
Un silence international préoccupant
Le mouvement a également pointé du doigt l’absence de réaction des organisations internationales de défense des droits humains et des partenaires étrangers face aux violations massives des libertés fondamentales observées ces dernières semaines au Tchad. « Le peuple tchadien n’attend ni clémence ni privilèges, mais exige simplement justice, dignité et le respect des droits les plus élémentaires », a martelé Abdelazim Mht Abakar lors de la conférence.
L’appel final : « Le peuple tchadien ne se taira plus »
Face à ce qu’il considère comme une confiscation systématique des libertés, Wakit Tama a réaffirmé sa détermination à mobiliser la population le 16 mai. « Cette manifestation sera notre réponse collective à l’injustice, à la peur et à l’arbitraire », a déclaré le porte-parole, avant d’ajouter : « Le Tchadien a assez subi, il est temps que sa voix porte ».