Mauritanie et Sénégal : 450 000 béliers en route pour tabaski malgré les défis sécuritaires
Pour la célébration de la Tabaski cette année, le Sénégal mise sur un partenariat stratégique avec la Mauritanie. Nouakchott s’engage à livrer plus de 450 000 béliers à Dakar, un chiffre en hausse par rapport aux années précédentes. Cette initiative répond à une baisse drastique des importations depuis les pays voisins, notamment le Mali, où l’insécurité entrave désormais les circuits traditionnels d’approvisionnement.
Un protocole renouvelé pour sécuriser l’approvisionnement
Selon Alioune Kane, spécialiste des questions pastorales au sein du Groupement National des Associations Pastorales (GNAP), un ancien accord a été réactivé et renforcé. « Habituellement, les éleveurs mauritaniens exportent entre 460 000 et 500 000 moutons vers le Sénégal. Mais en 2026, ce contingent pourrait augmenter significativement en raison de la situation instable au Mali », précise-t-il. Ce pays servait autrefois de passage incontournable pour les éleveurs des régions orientales de Mauritanie souhaitant rejoindre les marchés sénégalais.
Des mesures sécuritaires et logistiques renforcées
Pour garantir le bon déroulement des livraisons, les autorités sénégalaises ont mis en place un dispositif complet. « Le gouvernement a pris des dispositions en matière de sécurité, d’administration, de douanes et de santé animale afin d’assurer un transit fluide », ajoute Kane. De nombreux éleveurs mauritaniens sont déjà arrivés au Sénégal, prêts à ravitailler les centres urbains comme Dakar.
Un changement d’itinéraire pour éviter les zones à risque
Baba Hassan Sidi, responsable du GNAP dans la région de Néma, rappelle l’époque où les éleveurs pouvaient traverser le Mali sans encombre. « Avant, les troupeaux en provenance de Néma et Aïoun passaient par ce pays pour rejoindre le Sénégal. Aujourd’hui, cette route est compromise », explique-t-il. Pour contourner les zones dangereuses, les éleveurs empruntent désormais une nouvelle voie : la traversée du fleuve depuis la région du Trarza, au sud-ouest de la Mauritanie. Ce détournement allonge considérablement le trajet par camion, mais garantit une sécurité optimale.
Des relations historiques mises à profit
Ce partenariat s’inscrit dans la continuité d’une longue tradition d’échanges entre les peuples mauritanien et sénégalais. « De nombreux éleveurs sont déjà sur place, conformément aux accords conclus entre nos deux nations », souligne Sidi. La Mauritanie joue ainsi un rôle clé pour répondre aux besoins du Sénégal en viande de mouton, tout en maintenant la dynamique des échanges transfrontaliers.