Maurice Kamto dénonce la prorogation des conseillers municipaux au Cameroun

Le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun conteste la légalité de la prorogation du mandat des conseillers municipaux, jugée contraire à la Constitution.

Maurice Kamto, figure majeure de l’opposition camerounaise, dénonce avec véhémence la décision récente prolongeant le mandat des conseillers municipaux, actée par décret présidentiel le 4 mai 2026. Le président du MRC invoque une violation flagrante de la Constitution, reprochant au régime en place un dépassement des prérogatives exécutives au détriment du pouvoir législatif. Selon lui, cette mesure porte atteinte aux principes fondamentaux de la démocratie et aux règles de droit.

L’opposant s’appuie sur l’illégalité présumée des procédures ayant conduit à cette prorogation. Il conteste notamment la suppression de la limite de 18 mois pour les mandats municipaux, initialement encadrée par l’article 170 du code électoral. Une loi adoptée et promulguée en avril 2026 a en effet octroyé au chef de l’État le pouvoir de prolonger ces mandats au-delà de ce délai. Or, cette réforme, entrée en vigueur le 14 avril 2026, ne prévoit aucun effet rétroactif, ce qui, selon Kamto, invalide toute application immédiate.

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Le décret présidentiel a ainsi repoussé la fin des mandats, initialement prévue pour le 9 août 2026, au 27 février 2026, une décision que Kamto qualifie de transgression du principe constitutionnel de non-rétroactivité. Ce principe, inscrit dans le préambule de la Constitution, stipule que les lois ne peuvent s’appliquer à des situations antérieures à leur adoption. Pour l’opposant, cette prorogation est un coup de force institutionnel qui menace la stabilité des institutions locales.

Avec une fermeté juridique caractéristique de son parcours d’enseignant en droit, Maurice Kamto tire les conséquences de cette situation. Il affirme que, dès le 1er juin 2026, les conseils municipaux se retrouveront en situation de vacance légale sur l’ensemble du territoire. Il enjoint aux responsables communaux d’en tirer les implications légales, tant pour eux-mêmes que pour les collectivités qu’ils représentent. Son objectif : contraindre le pouvoir exécutif à organiser des élections municipales dans les plus brefs délais.

Cette saisine du Conseil constitutionnel révèle les tensions persistantes entre opposition et majorité présidentielle. Kamto mise sur cette instance pour rétablir l’ordre constitutionnel, bien que les précédents montrent une tendance de cette institution à rejeter les recours pour irrecevabilité ou incompétence. Reste à savoir si la mobilisation juridique de l’opposant suffira à faire plier le régime.

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