Mali : suspension d’un an pour l’importation et la vente de motos 125 cm³ et plus
Mali : suspension d’un an pour l’importation et la vente des motos 125 cm³ et plus
Depuis le début du mois de juin, le gouvernement malien a instauré une interdiction temporaire concernant les motos d’une cylindrée de 125 cm³ et plus. Cette suspension s’applique non seulement à leur circulation en dehors des grandes villes, mais aussi à leur importation et à leur commercialisation. Une décision motivée par des impératifs de sécurité nationale, alors que ces véhicules jouent un rôle clé dans la vie quotidienne et l’économie du pays.
- transport et mobilité
L’arrêté interministériel, signé par les ministères de la Défense, de la Justice, de la Sécurité, de l’Administration territoriale et des Transports, marque un tournant dans la gestion de la mobilité civile au Mali. Désormais, ces engins ne peuvent plus circuler en dehors du district de Bamako, des capitales régionales ou des chefs-lieux de cercle et d’arrondissement. Les autorités locales conservent la possibilité d’étendre ces restrictions en fonction de l’évolution de la menace terroriste dans leurs zones respectives.
Cette mesure fait suite à une série d’attaques ciblées survenues fin avril, ayant touché plusieurs localités stratégiques comme Bamako, Kati, Gao, Sévaré, Mopti et Kidal. Ces opérations ont été revendiquées par des groupes armés actifs dans la région, dont le JNIM et le Front de libération de l’Azawad.
Un outil stratégique dans les conflits sahéliens
Dans le contexte des conflits au Sahel, les motos sont devenues des instruments redoutables. Leur maniabilité, leur coût abordable et leur capacité à emprunter des pistes inaccessibles aux véhicules militaires en font des atouts majeurs pour les groupes armés. Ces derniers les utilisent pour des déplacements rapides, le transport d’armes ou de ravitaillement, mais aussi pour des attaques éclair suivies de retraits immédiats. Plusieurs dizaines de motos peuvent ainsi être mobilisées lors d’une même opération, notamment dans les zones septentrionales et centrales du Mali.
Le Mali n’est pas le seul pays sahélien à adopter ce type de restrictions. Le Burkina Faso et le Niger ont déjà imposé des interdictions partielles ou des plages horaires de circulation dans les régions les plus exposées.
Une interdiction qui touche l’économie locale
Au-delà de la circulation, l’interdiction s’étend à l’importation, au transit, à la vente, à la commercialisation et même à la distribution gratuite de ces motos et de leurs pièces détachées. Les commerçants disposent de 90 jours pour déclarer leurs stocks auprès des autorités. Passé ce délai, les engins non déclarés pourront être confisqués. Cette mesure risque d’impacter lourdement de nombreux secteurs : revendeurs, transporteurs, mécaniciens, fournisseurs de pièces et opérateurs de transport informel.
Dans un pays où les routes sont souvent impraticables et les transports collectifs quasi inexistants, la moto représente bien plus qu’un simple moyen de locomotion. Elle est indispensable pour les déplacements agricoles, l’accès aux soins, le transport scolaire ou encore les activités commerciales. Les petits transporteurs et les commerçants en dépendent quotidiennement pour assurer leurs revenus.