Le Mali en proie à un déchaînement de violences contre les civils
Le centre et le nord du Mali subissent depuis des mois une escalade de violences ciblant délibérément les populations civiles. Dans un rapport détaillé, Human Rights Watch (HRW) expose les multiples exactions commises par les forces armées maliennes, leurs alliés et les groupes armés insurgés. L’organisation appelle l’Union africaine (UA) à agir sans délai pour mettre un terme à cette spirale meurtrière.
Des frappes controversées et des infrastructures détruites
Parmi les cas les plus frappants figure une frappe de drone le 19 août sur le marché à bétail de Tombonkore, dans la région de Bandiagara. Selon les témoignages recueillis, l’attaque a causé la mort de six civils et blessé plus de vingt personnes. Aucun combattant n’était présent sur les lieux au moment des faits, ce qui interroge sur la légitimité de l’opération.
Un autre incident, survenu le 29 juillet à Talahandak (région de Kidal), a endommagé un centre de santé abritant des civils et du matériel médical. La destruction de cette infrastructure aggrave les difficultés d’accès aux soins, déjà critiques dans une zone sous tension.
Les soldats maliens accusés de meurtres de civils
Le 12 juillet, cinq jeunes filles âgées de 10 à 13 ans ont été tuées par des soldats maliens dans une rizière près de Niono. Les militaires ont justifié cette tragédie par une confusion avec des assaillants. HRW souligne l’absence de précautions suffisantes pour distinguer les civils des combattants.
Par ailleurs, des miliciens Dozo alliés au gouvernement ont tué trois civils dans la région de Mopti les 27 et 28 juillet. Les circonstances de ces décès restent floues et nécessitent des enquêtes approfondies.
Les groupes armés également responsables d’atrocités
HRW ne limite pas ses critiques aux forces gouvernementales. Le 18 juillet, près de Tabrichat (région de Gao), des combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) ont torturé et exécuté au moins 19 soldats capturés. Ces actes violent le droit international humanitaire, qui interdit les traitements inhumains et les exécutions sommaires.
L’Union africaine sommée d’agir
HRW demande au Conseil de paix et de sécurité de l’UA d’organiser une session urgente sur la protection des civils au Mali. L’organisation exige des enquêtes indépendantes et des comptes rendus réguliers sur les mesures prises par toutes les parties. Une lettre adressée au ministre malien de la Défense le 5 août est restée sans réponse à ce jour.
La lutte contre l’impunité est devenue un enjeu central. Les victimes et leurs familles méritent des réponses concrètes, tandis que les populations civiles continuent de payer un lourd tribut dans ce conflit qui s’éternise.
