Face à une demande croissante de produits sains et locaux à Bamako, des initiatives pionnières en agroécologie redéfinissent les habitudes de consommation. Au Mali, le Réseau solidaire en agroécologie paysanne et citoyenne (Resapac) mise sur des circuits courts pour relier directement producteurs et consommateurs, tout en garantissant une rémunération équitable aux agriculteurs.
Fondé il y a plus d’une décennie, ce réseau rassemble trois acteurs clés : les cultivateurs, les transformateurs et les acheteurs. Son fonctionnement repose sur une gouvernance transparente et une logistique simplifiée, éliminant les intermédiaires pour proposer des denrées fraîches, durables et respectueuses de l’environnement.
Un modèle gagnant-gagnant pour producteurs et consommateurs
Dans cette dynamique, l’acheteur n’est plus un simple client, mais un maillon actif de la chaîne alimentaire. En achetant des produits Resapac, les Bamakois accèdent à une traçabilité complète : origine, méthodes de culture, et impact écologique. Une transparence qui séduit de plus en plus d’habitants soucieux de leur santé.
Abdoulaye Sacko, maraîcher membre du réseau, partage son expérience : « Depuis que je cultive sans pesticides ni engrais chimiques, mes revenus ont progressé. Le Resapac m’a permis de vendre mes récoltes directement aux consommateurs, sans dépendre des fluctuations des marchés traditionnels. »
Quatre marchés bio pour démocratiser l’alimentation saine
Créé initialement avec un seul point de vente à Sotuba, le Resapac a élargi son réseau à Bamako. Aujourd’hui, quatre marchés bio animent la capitale malienne : Sotuba, Badalabougou, Magnambougou et l’Hippodrome. Leur mission ? Rendre accessible une alimentation de qualité, tout en soutenant les petits producteurs locaux.
Djènèba Diallo, coordinatrice des marchés, souligne : « Les légumes conventionnels, souvent traités avec des produits chimiques, ne se conservent pas plus de 24 heures. Nos produits bio, eux, gardent leur fraîcheur bien plus longtemps. » Une différence palpable pour les consommateurs, de plus en plus attentifs à la qualité de leur assiette.
L’agroécologie, une alternative durable au Sahel
Cette initiative s’inscrit dans une tendance plus large au Mali, où producteurs et citadins cherchent à concilier performance économique et respect de l’environnement. En privilégiant les circuits courts, le Resapac répond à un double enjeu : réduire l’empreinte carbone de l’alimentation et renforcer l’autonomie des agriculteurs.
Pour les nouveaux adeptes du bio, comme cette citadine ayant découvert le réseau via les réseaux sociaux, l’attrait est immédiat : « J’ai été séduite par ce système qui met en contact direct les cultivateurs et les consommateurs. C’est l’assurance d’une alimentation saine et responsable. »
Avec cette approche, Bamako donne un nouveau visage à l’agriculture urbaine, prouvant que qualité, équité et durabilité peuvent coexister harmonieusement.
