L’ONU exhorte le Mali à lever la suspension des activités politiques

Des experts indépendants des Nations unies ont fermement condamné les récentes mesures prises par le gouvernement de transition au Mali. Ils pointent du doigt un décret suspendant les activités des formations politiques ainsi qu’un projet de loi visant à modifier les règles de participation démocratique, y voyant une violation flagrante des droits fondamentaux.

Une atteinte aux droits d’association et d’expression

Le collectif d’experts de l’ONU appelle à l’abrogation immédiate du décret de suspension. Selon leur communiqué, ces décisions contreviennent aux obligations du Mali en matière de libertés publiques. Bien que les autorités affirment vouloir limiter la prolifération des partis, les rapporteurs estiment que cette approche étouffe la pluralité politique indispensable à un État de droit.

Des conditions d’éligibilité contestées

Plutôt que d’imposer des barrières financières lourdes pour l’enregistrement des partis, les experts préconisent des règles basées sur la représentativité électorale. Le projet de loi actuel, en exigeant des cautions onéreuses, risque de réserver la vie politique aux élites économiques. Ils soulignent également que le climat de peur actuel empêche tout dialogue sincère, de nombreux opposants et journalistes craignant des représailles.

Un processus de transition sous tension

Le climat politique s’est durci après le boycott des consultations d’avril 2025 par plusieurs organisations. Ces dernières redoutent que le processus ne serve qu’à légitimer la dissolution des voix dissidentes. Les experts s’inquiètent aussi de la recommandation visant à maintenir le général Assimi Goita à la tête de l’État pour une période de cinq ans renouvelable, sans passer par les urnes.

Le rôle crucial du Conseil national de transition

Le texte législatif est désormais entre les mains du Conseil national de transition, présidé par le général Malick Diaw. Les Nations unies demandent instamment aux membres du Conseil de ne pas valider ce projet de loi. Enfin, les experts rappellent que la sécurité des manifestants, notamment lors des rassemblements prévus en mai, doit être garantie face aux actes d’intimidation signalés récemment par les acteurs politiques.