Liste des coups d’état récents en afrique depuis 2020
Coups d’état en Afrique depuis 2020 : une chronologie des prises de pouvoir militaires
Le Bénin a récemment rejoint la liste des pays africains touchés par des tentatives de prise de pouvoir militaire depuis 2020. Une mutinerie militaire a brièvement perturbé l’ordre constitutionnel avant d’être neutralisée par les forces armées locales.
Un groupe de soldats a annoncé à la télévision d’État la destitution du président Patrice Talon, ainsi que la dissolution du gouvernement. Cependant, Alassane Seidou, ministre de l’Intérieur, a rapidement démenti cette information en affirmant que les institutions républicaines restaient stables et que l’armée soutenait fermement la démocratie.
Cette situation rappelle les nombreux bouleversements politiques qui ont marqué l’Afrique de l’Ouest ces dernières années, souvent liés à des crises sécuritaires, des élections contestées ou des tensions sociales.
Les coups d’État en Afrique de l’Ouest : une instabilité chronique
Mali : deux prises de pouvoir en moins d’un an
Le Mali a connu deux coups d’État successifs depuis 2020. En août 2020, des militaires ont renversé le président Ibrahim Keïta, sous la pression de manifestations massives dénonçant la corruption et l’incapacité à lutter contre les groupes armés. Le colonel Assimi Goïta, à la tête de la junte, a ensuite partagé le pouvoir avec un gouvernement de transition dirigé par Bah Ndaw.
En mai 2021, Goïta a de nouveau renversé le gouvernement, s’installant comme président d’une junte qui a reporté sine die les élections promises. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger forment désormais un bloc d’États dirigés par des juntes militaires opposées à un retour rapide à la démocratie.
Burkina Faso : des coups d’État en cascade
En janvier 2022, le lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba a renversé le président Roch Kaboré, invoquant la dégradation de la situation sécuritaire. Moins d’un an plus tard, en septembre 2022, le capitaine Ibrahim Traoré a pris le pouvoir à son tour, accusant Damiba de ne pas avoir tenu ses promesses. Traoré dirige toujours le pays et a récemment dissous la commission électorale indépendante.
Niger : une transition démocratique interrompue
En juillet 2023, le général Abdourahamane Tchiani a renversé le président Mohamed Bazoum, mettant fin à une rare période de stabilité démocratique. Cette prise de pouvoir a provoqué une crise majeure au sein de la CEDEAO, qui a menacé d’une intervention militaire. Le Niger s’est ensuite rapproché du Burkina Faso et du Mali pour former l’Alliance des États du Sahel, rejetant toute pression extérieure pour un retour à l’ordre constitutionnel.
Guinée : la chute d’un président controversé
En septembre 2021, le président Alpha Condé, au pouvoir depuis 11 ans, a été renversé par un groupe de soldats dirigé par le colonel Mamady Doumbouya. Condé avait modifié la Constitution pour briguer un troisième mandat, déclenchant des violences et des manifestations. Doumbouya, désormais candidat à l’élection de décembre 2025, a prolongé la durée du mandat présidentiel à sept ans.
Autres coups d’État significatifs en Afrique
Tchad : une dynastie militaire prolongée
En avril 2021, Mahamat Idriss Déby a pris le pouvoir après la mort de son père, Idriss Déby, qui dirigeait le pays depuis 30 ans. Malgré la promesse d’une transition démocratique, Déby a remporté l’élection de 2024, un scrutin qualifié de truqué par l’opposition. La répression contre les critiques, dont l’ancien Premier ministre Succès Masra condamné à 20 ans de prison, s’est intensifiée.
Soudan : un conflit issu d’un coup d’État
En octobre 2021, le général Abdel-Fattah Burhan a renversé Omar el-Béchir, au pouvoir depuis 26 ans. Burhan a ensuite partagé le pouvoir avec Muhammad Dangalo, chef des Forces de soutien rapide (FSR). Leur rivalité a dégénéré en une guerre civile en avril 2023, l’une des pires crises humanitaires au monde selon l’ONU.
Gabon : la fin d’une dynastie
En août 2023, un groupe de soldats a renversé le président Ali Bongo, au pouvoir depuis 14 ans, après sa réélection contestée. Le général Brice Oligui Nguema, cousin de Bongo, a pris les rênes du pays et a remporté l’élection présidentielle d’avril 2025.
Madagascar : des manifestations réprimées par l’armée
En octobre 2025, des jeunes Malgaches sont descendus dans la rue pour protester contre les pénuries d’eau et d’électricité. Plutôt que de céder, le président Andry Rajoelina a dissous son gouvernement et résisté à toute pression. Cette crise a finalement conduit à une intervention militaire.
Guinée-Bissau : une élection contestée et un coup d’État
En novembre 2025, des soldats ont pris le pouvoir après une élection présidentielle hautement controversée. Le président sortant Umaro Sissoco Embaló et l’opposant Fernando Dias revendiquaient tous deux la victoire. Embaló a fui vers le Sénégal après avoir été libéré par la junte, qui a nommé plusieurs de ses alliés à des postes clés.
Conclusion : une tendance inquiétante en Afrique
Depuis 2020, les coups d’État se multiplient en Afrique, souvent justifiés par des crises sécuritaires, des élections contestées ou des tensions sociales. Le Bénin, dernier en date, illustre cette tendance malgré une tentative avortée. Les juntes militaires, comme au Mali, au Burkina Faso ou au Niger, rejettent les calendriers de retour à la démocratie, préférant une gouvernance autoritaire prolongée.
Cette instabilité persistante soulève des questions sur l’avenir politique du continent, où les promesses de transition démocratique peinent à se concrétiser.