Le Gabon sous cloche : une mesure exceptionnelle qui nourrit les interrogations
Depuis le 17 juillet 2026, les réseaux sociaux sont suspendus au Gabon. La Haute Autorité de la Communication (HAC) avait annoncé que les plateformes numériques seraient inaccessibles sans VPN « jusqu'à nouvel ordre ». Cette mesure exceptionnelle a duré cinq mois et a suscité de nombreuses questions.
Derrière les écrans éteints, l'économie gabonaise tourne au ralenti. Les médias en ligne, les créateurs de contenus, les commerçants du e-commerce, les agences de communication ou encore les petites entreprises qui avaient fait des réseaux sociaux leur principale vitrine commerciale sont touchés. Cette suspension prolongée prive de nombreux gabonais d’une source essentielle de revenus.
Ironie de la situation, même les institutions publiques et les représentations diplomatiques, qui avaient largement investi ces plateformes pour communiquer avec les citoyens, se retrouvent elles aussi privées de cet outil devenu incontournable.
L'Etat de droit en danger ?
Les autorités gabonaises ont renforcé le cadre normatif en cinq mois. Deux ordonnances ont été adoptées et validées par le Parlement. Mais une question demeure : qu’est-ce qui justifie encore le maintien de cette restriction générale ?
La mesure donne le sentiment de s’installer durablement, au risque d’alimenter les critiques sur son caractère disproportionné.
Dans les coulisses diplomatiques, des voix évoquent un recul préoccupant des libertés publiques. Les députés ont publiquement dénoncé cette suspension. Dans la rue, nombre de citoyens disent hésiter à s’exprimer sur les sujets d’intérêt général, par crainte d’éventuelles interpellations.
Ce climat de retenue, voire de peur, interroge les fondements mêmes de l'État de droit. Réguler l’espace numérique est une nécessité reconnue ; le maintenir sous cloche sans perspective de sortie l’est beaucoup moins.