L’alliance industrielle France-Maroc: un point de convergence avec la nouvelle politique industrielle européenne?
La France et le Maroc poursuivent leur stratégie de coopération industrielle, qui vise à renforcer leur partenariat économique. Cette approche est particulièrement intéressante dans un contexte où la Commission européenne envisage d’introduire une nouvelle politique industrielle, qui pourrait avoir des conséquences importantes pour les pays membres et leurs partenaires commerciaux.
La France défend une vision plus sélective de la préférence européenne, en distinguant les pays qui participent effectivement à la compétitivité et à la sécurité des approvisionnements européens de ceux qui demeurent de simples fournisseurs extérieurs. Cela pourrait constituer un point de convergence avec la nouvelle politique industrielle européenne.
L’Allemagne, membre de l’Union européenne, a longtemps regardé avec réserve les projets français de préférence industrielle européenne. La puissance exportatrice allemande craignait les restrictions commerciales de Pékin et les représailles chinoises contre son industrie automobile. Cependant, sous la pression d’une crise industrielle inédite et d’un débat politique intérieur durci par la montée de l’AFD, l’Allemagne ne peut plus se contenter de défendre un libre-échange classique.
Le partenariat industriel France-Maroc a déjà été renforcé par des accords stratégiques, tels que ceux signés en 2018. Ces accords visent à promouvoir la coopération dans les secteurs de l’automobile, de l’aérospatiale et de l’énergie.
La France et le Maroc ont également renforcé leur coopération dans le domaine des infrastructures, notamment en ce qui concerne les ports marocains. Le port de Casablanca est désormais un centre de compétition pour les exportations européennes.
La bataille pour l’alliance industrielle France-Maroc se jouera également au Parlement européen, où des délégués français occuperont des positions déterminantes dans l’examen du règlement. Il est important que ces délégués veillent à ce que les nouvelles frontières réglementaires ne fragilisent pas l’avenir du partenariat industriel maroco-français.