Kinshasa paralysée : l’opposition déclenche une journée « ville morte » contre la réforme constitutionnelle

La capitale Kinshasa s’est transformée en une ville fantôme dès les premières heures de ce mercredi 3 juin. L’appel de l’opposition à une journée « ville morte » pour s’opposer au projet de réforme constitutionnelle, qui permettrait au président Félix Tshisekedi de prolonger son mandat, a été largement suivi.

une capitale figée par la mobilisation populaire

Dès 3 heures du matin, l’activité habituellement frénétique de Kinshasa a cédé la place à un calme inhabituel. Les rues, normalement saturées par les embouteillages et les foules pressées, sont aujourd’hui désertes. Les taxis, déjà peu nombreux en temps normal, se font encore plus rares. Les élèves, absents des routes menant aux écoles, donnent à la ville une atmosphère inhabituellement silencieuse.

des quartiers entiers en pause forcée

Dans le district de Mont-Amba, l’avenue de l’Intendance, qui mène à l’Université de Kinshasa, est particulièrement calme. Les étudiants, qui d’ordinaire envahissent les lieux dès 7h50, sont absents. Seuls quelques éléments de la police veillent aux abords de la chaussée. Les arrêts de transport en commun sont vides, et même les stations-service hésitent à ouvrir. La station Salongo, par exemple, reste fermée.

Plusieurs véhicules militaires et jeeps de police sillonnent les axes stratégiques comme l’avenue Bypass. Le rond-point Ngaba, habituellement bondé, reste presque désert jusqu’à 8 heures du matin. À Limete, commune réputée pour ses boulevards toujours animés, l’activité est également réduite à sa plus simple expression. Les boulevards Lumumba et Poids lourds, généralement saturés, sont aujourd’hui presque vides. Un seul bus a circulé jusqu’à 7 heures pour relier le centre-ville, selon un habitant du district de Tshangu.

une mobilisation sous haute surveillance

Les propriétaires de véhicules ont préféré laisser leurs engins au garage pour éviter tout incident. Des patrouilles policières, renforcées par des agents de l’ordre déployés à des points stratégiques, quadrillent la ville. Dans la commune de Limete, notamment à la première rue, les forces de l’ordre sont particulièrement visibles.

Cette journée « ville morte » s’inscrit dans un contexte de tension politique accrue, alors que l’opposition dénonce une manœuvre du pouvoir visant à modifier la Constitution pour permettre au chef de l’État de briguer un nouveau mandat. Les autorités, de leur côté, appellent à la retenue et à la poursuite des activités quotidiennes.

Pourtant, sur le terrain, l’atmosphère reste tendue. Les dispositifs militaires et policiers déployés en nombre dans plusieurs quartiers de Kinshasa et de Tshangu témoignent de l’importance accordée à cette journée de mobilisation.