Investissement public au Cameroun : une chute de 74 % au premier trimestre 2026

Le rythme d'exécution du budget d'investissement public au Cameroun s'est effondré au premier trimestre 2026, révélant une entrée d'exercice budgétaire particulièrement heurtée. Les dépenses d'investissement ordonnancées ne dépassaient pas 45 milliards de FCFA, contre 175,5 milliards un an plus tôt à la même échéance.

Problèmes techniques qui grippe la chaîne de la dépense

Le ministère des Finances (Minfi) impute une part significative de ce ralentissement à la migration de la gestion budgétaire vers une nouvelle plateforme informatique, dénommée PROBMIS IA. Le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme (DPBMT) 2027-2029 reconnaît explicitement que les contraintes techniques du basculement ont freiné le traitement des opérations.

La rupture est particulièrement violente sur les investissements financés sur ressources propres, dont le taux d'exécution s'établit à 0,3 % seulement. Les investissements adossés aux ressources extérieures s'en tirent à 5,2 %, un chiffre modeste.

Financements extérieurs : des décaissements en net repli

À la friction technique s'ajoute un environnement de mobilisation des ressources moins porteur. Les emprunts et dons effectivement mobilisés à fin mars n'ont totalisé que 137,5 milliards de FCFA, contre 327,6 milliards un an plus tôt.

Dans le détail, les prêts projets n'ont drainé que 39,4 milliards de FCFA sur une prévision trimestrielle de 206,7 milliards, soit un taux de réalisation de 19 %. Les dons plafonnent à 0,1 milliard de FCFA, très loin des 18,5 milliards attendus.

Au total, les ressources budgétaires mobilisées par l'État camerounais s'élèvent à 1 331,4 milliards de FCFA à fin mars, sur un objectif annuel de 8 683,9 milliards. Le taux de réalisation ressort à 15,3 %, contre 19,6 % un an plus tôt.

Un risque tangible pour les projets structurants de la SND30

Le premier trimestre est traditionnellement une période de faible consommation des crédits d'investissement, du fait des délais de passation des marchés et de la montée en charge progressive des chantiers. Reste que l'ampleur du décrochage observé cette année excède les schémas habituels.

Les secteurs les plus exposés à la commande publique se retrouvent en première ligne. Le bâtiment et les travaux publics, les matériaux de construction, l'ingénierie et les transports dépendent étroitement de la capacité de l'État à ordonnancer les dépenses d'équipement dans les délais prévus.

L'enjeu, pour les autorités camerounaises, consiste désormais à purger rapidement les frictions techniques de PROBMIS IA et à accélérer la mobilisation des financements extérieurs, condition indispensable pour rattraper le retard accumulé sur les trois derniers mois.

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