Incarcération de Succès Masra : un an de lutte sous silence au Tchad
incarcération de Succès Masra : un an de lutte sous silence au Tchad
L’ancien Premier ministre et président du mouvement Les Transformateurs a été appréhendé au petit jour de son domicile, un an plus tôt. La justice tchadienne l’a ensuite condamné à une peine de vingt ans de prison ferme en août 2025 pour des accusations liées à l’incitation à la haine, suite aux violences intercommunautaires qui ont secoué le sud du pays.
Malgré cette incarcération, ses proches et militants assurent que le parti Les Transformateurs continue de se battre avec une détermination intacte. Le secrétaire général du mouvement, le Docteur Tog-Yeum Nagorngar, tient à rassurer sur la situation actuelle.
« Le Président Succès Masra, bien que privé de liberté, n’est pas absent du combat politique. Le parti maintient sa trajectoire et ses objectifs sans se laisser ébranler. Aucune preuve tangible n’a été apportée pour étayer les accusations portées contre lui. Nous sommes convaincus qu’il s’agit d’une erreur judiciaire et administrative. Aujourd’hui, seule la haute autorité peut rétablir la vérité : le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno. Nous lui demandons instamment de prendre ses responsabilités. »
une répression qui s’étend
La semaine dernière, huit autres dirigeants de partis d’opposition, membres du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP), ont été condamnés à huit ans de prison ferme. Leurs chefs d’accusation : association de malfaiteurs, mouvements insurrectionnels, rébellion et détention illégale d’armes de guerre. Cette décision fait suite à leur projet d’organiser une marche pacifique d’indignation.
Sosthène Mbernodji, coordonnateur du Mouvement Citoyen pour la Préservation des Libertés (MCPL), dénonce une manœuvre politique visant à étouffer toute voix dissidente.
« Depuis l’emprisonnement de Succès Masra il y a un an, Les Transformateurs voient leur influence diminuer. Le GCAP représentait la dernière coalition capable de porter une alternative politique. Avec l’élimination de ces huit leaders, le pouvoir a scellé le sort de cette structure. Le Tchad n’est plus une démocratie, mais une monarchie qui s’installe dans la durée. C’est profondément regrettable. Il est urgent de détendre le climat social et politique avant que le pays ne régresse de plusieurs décennies. Nous sommes revenus au temps du parti unique, comme à l’époque des indépendances. »
Une vingtaine de partis d’opposition ont jointly dénoncé, dans un communiqué, la répression des voix critiques et l’utilisation de la justice comme outil de musellement politique.