Gabon : l’interdiction des pseudonymes en ligne suscite de vifs débats

Une nouvelle réglementation encadrant les plateformes numériques provoque de vives réactions au Gabon. Une ordonnance, signée fin février et révélée récemment, impose désormais une identification stricte des utilisateurs sur les réseaux sociaux.

L’obligation d’utiliser son identité réelle

Le cœur de la discorde réside dans l’article 4 de ce texte législatif. Désormais, l’usage de pseudonymes est proscrit. Chaque internaute a l’obligation de décliner son identité complète, incluant son nom, son prénom ainsi que son numéro d’identification personnelle (NIP). Les acteurs économiques ne sont pas en reste : les entreprises doivent dorénavant fournir leur registre de commerce pour être présentes en ligne.

Des avis divergents au sein de la population

Cette mesure reçoit un accueil favorable de la part de certains créateurs de contenus, à l’image de Bienvenue Effayong, plus connu sous le nom de « Bitome ». Souvent pris pour cible par des comptes anonymes, il soutient fermement cette réforme. Selon lui, l’anonymat favorise la diffamation et les tentatives de déstabilisation, et chacun doit désormais assumer la responsabilité de ses propos.

À l’opposé, Marcel Libama, ex-député de la Transition, dénonce une dérive autoritaire. Il qualifie cette ordonnance de « liberticide » et estime qu’elle porte atteinte à la liberté d’expression garantie par la Constitution gabonaise, marquant ainsi un recul démocratique majeur pour le pays.

Un cadre légal en pleine mutation

Bien que déjà en vigueur, cette ordonnance devra être examinée par le Parlement pour une éventuelle ratification ou modification. Les autorités justifient cette sévérité par la nécessité de :

  • Protéger la jeunesse gabonaise des contenus malveillants.
  • Lutter contre les injures et la calomnie en ligne.
  • Prévenir les actions visant à fragiliser les institutions nationales.

Il est à noter que l’accès aux réseaux sociaux demeure officiellement suspendu sur le territoire gabonais depuis le mois de février dernier.