Frappes aériennes au Mali : des civils tués par l’Africa Corps sous contrôle russe
Des frappes meurtrières ciblant un village malien
Le 15 juin 2026, le village de Kyrnia, situé dans la région de Mopti au centre du Mali, a été frappé par deux munitions larguées depuis un avion Soukhoï Su-24. Identifié par des sources militaires maliennes comme appartenant à l’Africa Corps, ce groupe opère sous le contrôle direct de la Russie. Le bilan est lourd : huit civils, dont trois enfants, ont péri lors de cette attaque. Parmi les victimes figuraient deux enfants du chef du village, sa femme et quatre hommes présents au marché aux bestiaux voisin.
Un contexte de tensions et de contrôle territorial
Depuis 2012, le Mali fait face à une insécurité persistante due à la présence de groupes armés islamistes. Après les coups d’État de 2020 et 2021, la junte militaire dirigée par le général Assimi Goïta a rompu avec les forces françaises et onusiennes, se tournant vers la Russie pour renforcer sa sécurité. En 2021, Wagner, un groupe de mercenaires russe, a été intégré aux forces maliennes. Après la mort d’Evgueni Prigojine en 2023, ce groupe a été rebaptisé Africa Corps et placé sous contrôle direct du Kremlin. Depuis avril 2025, des avions Su-24, pilotés par des forces russes, sont déployés au Mali pour appuyer l’armée malienne dans sa lutte contre les groupes armés.
Une attaque jugée illégale et disproportionnée
Les frappes ont visé le village de Kyrnia, sous contrôle du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), lié à Al-Qaïda, depuis six ans. Selon les témoignages recueillis, au moins 100 combattants du GSIM se trouvaient dans le village au moment des frappes, principalement à la mosquée ou près du marché aux bestiaux. Pourtant, aucune de ces cibles n’a été touchée. La première munition a frappé la résidence du chef du village, tuant sa famille, tandis que la seconde a détruit une partie du marché, où des civils s’affairaient.
Les images satellites et la vidéo publiée par Africa Corps confirment la présence de deux cratères de 12 mètres de large, correspondant à des munitions de grande puissance. Aucun combattant du GSIM ne figurait parmi les victimes. Les habitants décrivent une scène de chaos : des étals détruits, des animaux déchiquetés et des bâtiments effondrés. Plusieurs témoins ont rapporté avoir vu un avion volant à basse altitude avant d’entendre une explosion assourdissante.
Des témoignages accablants
Un éleveur de chameaux de 48 ans a décrit avoir été projeté au sol par le souffle de la première explosion, couvert de sable et de débris. Il a constaté que plusieurs personnes autour de lui étaient blessées, certaines avec des bras cassés. Un commerçant de 35 ans a évoqué une boule de feu tombant du ciel avant de se réfugier sous un arbre. Un autre témoin, présent au marché, a raconté avoir vu trois marchands touchés alors qu’ils transportaient des sacs de dattes sur un tricycle.
Les victimes incluent trois enfants âgés de 1 à 10 ans, une femme de 24 ans et quatre hommes âgés de 30 à 40 ans. Trois des hommes blessés sont décédés des suites de leurs blessures le lendemain de l’attaque. Les témoignages indiquent également qu’un drone avait survolé Kyrnia la veille, suggérant une surveillance préalable du village.
Une violation flagrante du droit international
Le droit de la guerre, applicable au conflit au Mali, interdit les attaques visant des civils ou des biens de caractère civil, ainsi que les frappes disproportionnées. Les parties belligérantes doivent prendre toutes les précautions possibles pour éviter les pertes civiles. Dans ce cas précis, les frappes sur Kyrnia ne semblaient pas cibler d’objectif militaire spécifique, ce qui en fait des attaques indiscriminées et illégales.
Le gouvernement malien a l’obligation d’enquêter sur cet incident et de sanctionner les responsables des violations du droit international. La junte doit également répondre de sa complicité potentielle en collaborant avec des forces étrangères responsables d’atrocités.
Une enquête nécessaire et urgente
Les autorités maliennes et russes n’ont pas encore réagi publiquement aux accusations portées contre Africa Corps. Pourtant, les preuves recueillies par les enquêteurs, incluant des images satellites et des témoignages, confirment la gravité des faits. La junte doit agir rapidement pour rétablir la confiance de la population et respecter ses obligations légales.