Financement de la santé au Niger : vers une meilleure coordination

Optimiser le financement de la santé au Niger

Le Niger, nation enclavée d’Afrique de l’Ouest, fait face à des défis structurels majeurs, entre épisodes de sécheresse et instabilité sécuritaire. Ces obstacles pèsent lourdement sur son système de santé, affichant des taux de mortalité maternelle et infantile parmi les plus élevés à l’échelle mondiale. Face à ce constat, le gouvernement nigérien a placé la couverture sanitaire universelle (CSU) au cœur de ses priorités.

Les leçons d’une politique de gratuité ambitieuse

Dès 2006, le pays a instauré une politique de gratuité des soins ciblée sur la santé reproductive et les enfants de moins de cinq ans. Si l’intention était louable, le manque de ressources financières a rapidement freiné l’élan initial. Jusqu’en 2011, seule la moitié des fonds nécessaires avait été mobilisée, engendrant des dettes et limitant l’accès aux soins pour le reste de la population. Les dépenses directes à la charge des ménages représentent encore aujourd’hui plus de 40 % du budget total alloué à la santé.

Vers une harmonisation des partenaires financiers

Pour pallier la fragmentation des aides, le Niger a renforcé sa collaboration avec des acteurs internationaux. Le Fonds Commun Santé (FCS), créé dès 2006, a vu son rôle évoluer avec l’appui de partenaires comme l’UNICEF, l’UNFPA, Gavi et l’AECID. L’objectif est désormais clair : passer d’une gestion morcelée à un système de financement durable et aligné sur les priorités nationales.

Le rôle stratégique du point focal national

En 2021, le gouvernement et ses partenaires ont mis en place un point focal national, soutenu par le réseau P4H et le Plan d’action mondial pour l’ODD 3. Cette interface unique au sein du Ministère de la santé facilite :

  • Une meilleure coordination des aides techniques et financières.
  • Une réduction de la dépendance vis-à-vis des différents organismes.
  • Une planification plus cohérente des investissements de santé.

Priorités et perspectives pour le système de santé

Le Niger mise désormais sur plusieurs leviers pour renforcer son efficacité budgétaire :

  • La réforme du FCS pour améliorer la fongibilité des ressources.
  • Le déploiement d’outils de simulation pour mieux évaluer les coûts de santé.
  • Le renforcement de l’Institut national d’assistance médicale (INAM) pour des achats stratégiques.

Grâce à la synergie entre le réseau P4H et le Plan d’action mondial pour l’ODD 3, le Niger espère optimiser l’allocation de ses ressources nationales et externes. Bien que des défis subsistent, notamment en ce qui concerne la pérennité du financement des postes de coordination, cette approche collaborative pose les jalons d’un système de santé plus résilient et accessible à tous les Nigériens.