Épidémie de dengue au Burkina Faso : bilan et mesures sanitaires
épidémie de dengue au Burkina Faso : une crise sanitaire majeure en Afrique de l’ouest
Depuis le début de l’année, le Burkina Faso fait face à une vague dévastatrice de dengue, transmise par les moustiques. Cette épidémie a déjà causé la mort de 214 personnes, principalement dans les grandes villes comme Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, selon les autorités sanitaires.
Une propagation alarmante des moustiques tigres
Les Aedes albopictus, plus connus sous le nom de moustiques tigres, se multiplient de manière inquiétante au Burkina Faso. Ces insectes, vecteurs de la dengue et du chikungunya, profitent des conditions climatiques favorables pour proliférer. D’après les chiffres officiels, 50 478 cas suspects de dengue ont été recensés entre janvier et octobre 2023, dont 25 502 cas probables et 214 décès.
Le gouvernement a également signalé une hausse significative des contaminations sur une courte période : 10 117 cas suspects ont été signalés du 9 au 15 octobre 2023, avec 4 377 cas probables et 48 décès. Cette situation reste particulièrement préoccupante dans les zones urbaines de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, où l’épidémie persiste.
Le chikungunya, une autre menace sanitaire
Outre la dengue, le Burkina Faso est également touché par le chikungunya, une maladie virale transmise par les mêmes moustiques. Plus de 200 cas ont été enregistrés depuis septembre 2023, selon le ministre de la Santé, Robert Lucien Jean-Claude Kargougou. Cette maladie, qui provoque des douleurs articulaires intenses, s’ajoute à la liste des défis sanitaires du pays.
Des mesures sanitaires renforcées pour lutter contre l’épidémie
Face à cette crise, les autorités ont mis en place plusieurs actions pour endiguer la propagation des moustiques et des virus. Parmi les mesures clés :
- Dépistage gratuit : les tests de dépistage rapide sont désormais gratuits dans les centres de santé publics.
- Campagnes de pulvérisation : des opérations de pulvérisation d’insecticides sont menées dans les zones les plus touchées, notamment à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso.
- Sensibilisation des populations : des campagnes d’information sont déployées pour encourager l’élimination des eaux stagnantes et l’utilisation de moustiquaires.
« Pour répondre de façon efficace à cette situation sanitaire, un certain nombre d’actions ont été prises », a expliqué le ministre de la Santé.
Une maladie en constante évolution
Bien que le Burkina Faso connaisse des cas de dengue depuis les années 1960, la première épidémie officiellement reconnue remonte à 2017, avec 13 décès. Transmise par la piqûre d’un moustique infecté, cette maladie partage des symptômes similaires au paludisme, comme des fièvres élevées, des maux de tête ou des douleurs musculaires. Dans les cas les plus graves, elle peut provoquer des hémorragies, parfois mortelles.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la dengue touche entre 100 et 400 millions de personnes chaque année, principalement dans les régions tropicales et subtropicales. Les zones urbaines et semi-urbaines sont particulièrement vulnérables, en raison de la densité de population et des conditions favorables à la reproduction des moustiques.