Enquête parlementaire au Sénégal : demba dienj évite la convocation, l’exécutif sous pression

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Enquête parlementaire : une conseillère du président de la République mise sous le feu des projecteurs

La décision de Demba Dieng, ancienne directrice du Cadastre et actuelle conseillère du chef de l’État, de ne pas répondre à la convocation de la commission d’enquête parlementaire sur la gestion foncière relance le débat sur la posture de l’exécutif face aux institutions. Un refus qui interroge et qui pourrait s’étendre à d’autres membres de l’entourage présidentiel.

Demba Dieng, une figure clé face à une convocation ignorée

Ancienne responsable de la gestion du domaine national, Demba Dieng a officiellement décliné la convocation qui lui était adressée par la commission d’enquête parlementaire. Selon le communiqué publié par cette dernière, cette décision est à distinguer de celle des deux colonels, anciens cadres de la DSCOS, qui avaient justifié leur absence par leur statut militaire. Contrairement à eux, la conseillère présidentielle n’a invoqué aucune immunité ou règle particulière pour justifier son refus de comparaître.

Cette absence de motif officiel soulève une question centrale : cette décision émane-t-elle d’une consigne implicite de la présidence, ou relève-t-elle d’un choix personnel ? Si un ordre avait été donné, cela pourrait concerner d’autres collaborateurs de Diomaye Faye Faye, y compris des ministres. Pour l’heure, aucune preuve ne le confirme, mais le doute persiste.

L’exécutif face à ses responsabilités : une règle informelle en question

Dans les milieux politiques, une interprétation circule : lorsqu’un collaborateur du président est convoqué, c’est au chef de l’État d’autoriser ou non sa comparution. Une convention non écrite qui n’a jamais été officiellement confirmée. La présidence, de son côté, n’a émis aucun commentaire sur le sujet, laissant planer une ambiguïté stratégique.

Cette situation pourrait avoir des répercussions bien au-delà du seul cas de Demba Dieng. Six ministres, actifs ou anciens, auraient également refusé de déférer à leur convocation, selon une déclaration de Daouda Ngom, ancien ministre de l’Enseignement supérieur. Cependant, ni la commission, ni les personnes concernées n’ont confirmé ces informations. Leur identité reste inconnue, et ces allégations restent à vérifier.

Que réserve l’avenir à cette crise institutionnelle ?

Plusieurs zones d’ombre persistent. Le motif exact du refus de Demba Dieng n’a pas été communiqué, tout comme le nombre exact de refus enregistrés ou la nature précise des résistances rencontrées. La commission d’enquête a simplement indiqué qu’elle poursuivrait ses investigations dans le cadre de son mandat légal. Chaque personne convoquée est présumée innocente jusqu’à preuve du contraire, et un refus de comparaître ne préjuge pas de sa culpabilité éventuelle dans les faits examinés.

Les prochains jours seront déterminants. Si d’autres refus s’ajoutent à la liste, l’Assemblée nationale pourrait être contrainte de renforcer ses mesures pour faire respecter ses convocations. La crise actuelle met en lumière les tensions entre l’exécutif et le législatif, et pourrait redéfinir les équilibres institutionnels au Sénégal.

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Amadou Diabaté

Journaliste