Engagement des chrétiens au Sénégal : un leadership politique à renforcer

Le MAC 20 alerte sur l’implication limitée des chrétiens en politique au Sénégal

Le Mouvement autonome chrétien pour le développement durable (MAC 20), une structure de la société civile sénégalaise, a pointé du doigt, lors d’un forum organisé à Mbour, la timidité de l’engagement politique des fidèles chrétiens du pays. Cette rencontre, tenue sous le haut patronage du ministre des Forces armées Augustin Tine, s’inscrivait dans la préparation des élections législatives de 2017.

Sous le thème « Engagement politique chrétien et leadership », l’événement a réuni des membres de la communauté chrétienne pour discuter de leur rôle dans la gestion des affaires publiques. Malgré leur nombre, les chrétiens restent en retrait de la scène politique nationale, selon les observations du MAC 20.

Un déficit de représentation chrétienne en politique

Emile Daly Diouf, président du mouvement, a souligné que les chrétiens, bien qu’acteurs dans certains partis, ne disposent pas d’un leadership politique marquant. « Même minoritaires, nous devons amplifier notre engagement pour peser davantage dans les décisions », a-t-il déclaré. Il a insisté sur la nécessité de placer des chrétiens à des postes stratégiques où se prennent les grandes orientations du pays.

Le MAC 20 ne vise pas à présenter des candidats, mais à soutenir ceux qui s’engagent déjà. « Notre rôle est d’accompagner les fidèles qui souhaitent s’investir, en les aidant à gravir les échelons du leadership politique », a-t-il précisé. L’organisation n’exclut pas de soutenir un candidat à l’élection présidentielle de 2019, si la situation l’exige.

Seulement trois députés chrétiens sur 150

Hélène Tine, parlementaire chrétienne et figure engagée, a confirmé ce constat. Elle a rappelé que les chrétiens, bien que dynamiques dans d’autres domaines, restent sous-représentés à l’Assemblée nationale. « Nous sommes des citoyens comme les autres et devons participer activement à la gestion de notre pays », a-t-elle affirmé, citant l’appel des évêques du Sénégal à s’impliquer en politique.

Avec seulement trois députés chrétiens sur 150, dont une seule femme, la représentation chrétienne au parlement est quasi inexistante. Hélène Tine a dénoncé leur relégation sur les listes électorales, les empêchant souvent d’accéder à un siège. « Les efforts doivent venir des deux côtés : des communautés chrétiennes et des partis politiques, pour garantir une meilleure diversité », a-t-elle ajouté.

Elle a conclu en insistant sur l’importance historique de la diversité au Sénégal, un principe qui doit être préservé et renforcé dans tous les domaines, y compris la politique.