Économie du Tchad : S&P valide la stabilité malgré les défis
Vue de la ville de N’Djamena, capitale du Tchad
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Le 16 mars dernier, l’agence S&P Global Ratings a maintenu la note souveraine du Tchad à « B- » avec une perspective stable. Une validation qui renforce la stratégie économique nationale, notamment celle du « Plan national de développement Tchad Connexion 2030 ». Dans un communiqué, le ministère des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération Internationale a salué cette décision, soulignant la confiance accrue des acteurs financiers internationaux envers la dynamique économique tchadienne. Cette stabilité s’appuie sur une croissance soutenue, un endettement maîtrisé et un soutien continu des partenaires étrangers.

Ferme agricole intégrée dans le département de Guereda, exemple de diversification économique

Croissance économique : des prévisions revues à la hausse

Depuis 2023, l’économie tchadienne affiche une reprise progressive, portée par la hausse des cours des hydrocarbures et le rebond du secteur tertiaire. En 2025, la croissance du PIB réel atteint 5 %, selon S&P, soit une révision notable à la hausse par rapport aux précédentes estimations de décembre 2024 (3,6 % par an entre 2024 et 2027).

Le Fonds monétaire international (FMI) a également ajusté ses projections à 5,2 % en décembre 2024, confirmant la vitalité de l’économie tchadienne. Cette dynamique s’explique par l’amélioration de la production agricole, la relance des secteurs non pétroliers et une demande intérieure soutenue par l’agriculture et les services. Bien que le secteur pétrolier demeure un pilier des exportations et des recettes publiques, son poids est désormais équilibré par d’autres activités économiques.

Puits forés offrant de l’eau potable, symbole de développement des infrastructures

Endettement maîtrisé : un atout pour la stabilité financière

Le Tchad a significativement réduit sa vulnérabilité financière en améliorant la gestion de son endettement. La dette publique, estimée à 36 % du PIB, se situe à un niveau modéré comparé à celui d’autres pays de la région. En 2022, le pays est devenu le premier au monde à appliquer le cadre commun du G20 pour le rééchelonnement de sa dette extérieure, réduisant ainsi son poids dans la dette totale à seulement 50 %.

Les créanciers ont majoritairement accepté des conditions de remboursement avantageuses, ce qui a permis au Tchad de retrouver une marge de manœuvre budgétaire. Cette situation favorise les investissements et le financement des grands projets du « Plan Tchad Connexion 2030 ». Les autorités maintiennent une politique budgétaire rigoureuse, garantissant la soutenabilité de la dette tout en libérant des ressources pour les dépenses sociales et les infrastructures.

Visite du Président Mahamat Idriss Déby Itno au marché central de N’Djamena, symbole de dynamisme économique

Recettes intérieures en hausse : un levier pour les réformes

La mobilisation des recettes fiscales internes s’est intensifiée, devenant un axe central des réformes économiques. Le ratio recettes fiscales/PIB est passé de 9,8 % en 2022 à 13,1 % en 2023, selon l’OCDE, reflétant un élargissement de l’assiette fiscale et une meilleure administration des impôts. En 2025, les recettes non pétrolières ont dépassé les prévisions, soutenues par la croissance des secteurs hors hydrocarbures et les mesures issues de l’accord avec le FMI (juillet 2025, 625,3 millions de dollars).

La numérisation des finances publiques et le renforcement de la gouvernance ont également contribué à optimiser la collecte des impôts. « Cette confirmation de la notation par S&P renforce la crédibilité financière du Tchad et facilite l’attraction d’investissements privés, tout en consolidant la confiance des partenaires internationaux dans les réformes en cours », a indiqué le ministère des Finances.

Activités économiques variées au Tchad, comme la pêche sur le lac Tchad

Tchad Connexion 2030 : un plan ambitieux pour l’avenir

Malgré ces avancées, des défis persistent, notamment en matière de diversification économique, de mobilisation fiscale et de gestion de la dette. Le « Plan national de développement Tchad Connexion 2030 », adopté le 29 mai 2025, vise à répondre à ces enjeux. Il s’inscrit dans la continuité de la transition politique tchadienne, marquée par l’élection du président Mahamat Idriss Déby Itno en mai 2024, après une période de dialogue national et de réconciliation.

Ce plan stratégique, doté de 20,5 milliards de dollars levés en novembre 2025 à Abu Dhabi, repose sur 268 projets transversaux organisés en 17 programmes. Son objectif : sortir 2,6 millions de Tchadiens de la pauvreté d’ici 2030 grâce à une croissance annuelle moyenne de 8 %, permettant une augmentation de 60 % du PIB national sur la période.

Structuré autour de quatre axes majeurs, il couvre :

  • Le développement des infrastructures stratégiques (électricité, eau, routes, télécommunications) ;
  • Les politiques sociales renforcées (éducation, santé, formation professionnelle, emploi des jeunes, inclusion sociale) ;
  • La diversification économique via le soutien aux filières exportatrices (agriculture, élevage, pêche, hydrocarbures, mines, tourisme) et la promotion de la transformation locale ;
  • L’amélioration du climat des affaires, notamment par la simplification administrative.
Centrale de Farcha, symbole des investissements dans l’énergie