École aéronautique militaire de Cana : les conséquences directes d’une visite ministérielle sur la formation des pilotes et l’économie béninoise

Écouter la lecture4 min

Une visite qui pèse sur l’avenir de la défense et de l’emploi

La visite du ministre délégué chargé de la Défense nationale, Gildas Habib Bignon Agonkan, à l’École aéronautique militaire de Cana (EAM-Cana), le vendredi 9 octobre 2026, n’est pas un simple déplacement protocolaire. Elle met en lumière les répercussions tangibles pour les Forces armées béninoises, mais aussi pour l’économie locale et la souveraineté du pays. En effet, l’EAM-Cana forme aux métiers du pilotage, de la maintenance aéronautique, du contrôle aérien et du soutien technique. Elle participe également à la formation des 100 pilotes de drones recrutés par l’État-Major général. Autant de compétences qui, à terme, réduisent la dépendance du Bénin à l’égard de l’étranger et créent des emplois hautement qualifiés sur le territoire national.

Des infrastructures vieillissantes aux conséquences opérationnelles

Accueilli par le lieutenant-colonel Olayéni Thierry Monda, commandant de la Base aérienne de Cana, le ministre a suivi plusieurs présentations consacrées aux missions, aux équipements et aux difficultés rencontrées par les structures militaires. Parmi elles figuraient le 1er Bataillon d’artillerie mixte, l’École nationale des officiers et le Centre de formation aux opérations de maintien de la paix. La délégation a ensuite visité les infrastructures pédagogiques et techniques de l’EAM-Cana, notamment les salles de cours, les simulateurs de vol et les ateliers de maintenance. Une démonstration de drone de reconnaissance, piloté par des élèves militaires en formation, a également été organisée. La visite s’est achevée par l’inspection de la piste d’atterrissage de l’aérodrome, dont l’état vieillissant ne répondrait plus aux normes et aux besoins actuels, selon les responsables de la base. Une situation qui, si elle n’est pas corrigée, pourrait compromettre la qualité de la formation et, par ricochet, la sécurité des opérations aériennes.

Quels impacts concrets pour les citoyens et l’économie ?

Au-delà des enjeux strictement militaires, le développement de l’EAM-Cana a des retombées directes pour les citoyens. D’abord, la formation sur le territoire national évite l’envoi de militaires à l’étranger, ce qui représente des économies substantielles pour le budget de l’État. Ensuite, la montée en compétences des techniciens et pilotes béninois favorise l’émergence d’une filière aéronautique locale, avec des emplois à la clé. Enfin, la perspective de faire de l’école un pôle de référence sous-régional pourrait attirer des stagiaires d’autres pays, générant des recettes et renforçant l’influence du Bénin. Le ministre a d’ailleurs réaffirmé la volonté du gouvernement d’accompagner le développement de l’école, avec des investissements dans les infrastructures, les équipements et les moyens pédagogiques.

Un enjeu de souveraineté aérienne aux multiples conséquences

Gildas Agonkan a salué le travail du commandement et l’engagement des instructeurs et des stagiaires. Il a souligné l’importance de former les pilotes et techniciens sur le territoire national, afin de renforcer l’autonomie du Bénin dans le domaine aéronautique militaire. L’ambition affichée est de faire de l’EAM-Cana un pôle de référence sous-régional. Pour y parvenir, des investissements seront nécessaires, notamment pour répondre aux exigences croissantes de la formation aéronautique. Par cette visite, les autorités mettent en avant le rôle de la formation spécialisée dans la modernisation des Forces armées béninoises. Le développement de l’EAM-Cana apparaît ainsi comme un enjeu de souveraineté aérienne, avec des conséquences directes sur la capacité du Bénin à défendre son espace aérien et à participer à la sécurité régionale.

Flux de la rubriqueRecevez les nouveaux articles dans votre lecteur de flux préféré
Safiatou Dembélé

Journaliste