Discours de Goïta à Bamako : le terrorisme étendu aux médias et aux pressions étrangères

Lors d’une cérémonie religieuse exceptionnelle organisée à Koulouba, le général Assimi Goïta, président de la Transition malienne, a redéfini la notion de terrorisme lors d’un discours prononcé après la prière de l’Aïd el-Kébir. Face à un parterre de hautes autorités, dont le Premier ministre, le président du Conseil national de Transition et des diplomates en poste à Bamako, il a élargi cette notion aux domaines médiatique, économique, politique, étatique et international.

Une prière en pleine sécurité

En raison des impératifs sécuritaires liés à la situation à Bamako, la prière solennelle n’a pas eu lieu cette année à la mosquée de Bagadadji, lieu traditionnel des célébrations officielles. L’espace dédié aux banquets du palais présidentiel de Koulouba a donc servi de cadre à cette cérémonie. C’est l’imam Mahmoud Touré, attaché à la mosquée du palais, qui a dirigé les prières en invoquant la paix et la stabilité pour le Mali.

Un discours engagé contre les menaces multidimensionnelles

À l’issue de la prière, Assimi Goïta a tenu une allocution où il a qualifié le Mali de cible de « terrorismes multiformes ». Pour lui, les pressions subies par le pays dépassent désormais le cadre militaire et englobent les récits médiatiques, les pressions économiques et les ingérences politiques extérieures. « Aucune manipulation médiatique ne saurait ébranler la détermination du peuple malien à défendre sa souveraineté et la paix », a-t-il déclaré avec fermeté.

Le chef de l’État a réitéré son soutien aux Forces armées maliennes et à leurs alliés, confirmant la poursuite des opérations militaires jusqu’à l’instauration d’une paix durable sur l’ensemble du territoire. Il a également réaffirmé l’engagement irréversible du projet de refondation nationale, baptisé Mali Kura.

Un contexte marqué par les attaques récentes

Ce discours intervient un mois après l’offensive conjointe menée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et le Front de libération de l’Azawad (FLA) contre plusieurs positions maliennes, ayant causé la mort du ministre de la Défense, Sadio Camara, le 25 avril 2026. Depuis, les autorités de transition appellent sans relâche à l’unité nationale. Les opérations militaires, associant les FAMA et le Corps africain, se poursuivent activement dans les régions de Ségou, Kidal et Ménaka.