Dérive autoritaire en Afrique de l’Ouest : le constat alarmant du rapport 2026

Au cours de l’année 2025, plusieurs dirigeants d’Afrique de l’Ouest ont durci leur politique répressive, consolidant leur emprise sur le pouvoir au détriment des libertés fondamentales. Ce constat, dressé dans le dernier Rapport mondial 2026, souligne une dégradation préoccupante de l’espace démocratique dans la région.

Dans la zone du Sahel ainsi qu’au Nigeria, les populations civiles restent prises en étau. Elles subissent les assauts répétés de groupes armés islamistes, mais aussi les exactions des forces gouvernementales et de leurs partenaires militaires. Parallèlement, les juntes au pouvoir ont entrepris de marginaliser les observateurs internationaux tout en affaiblissant les mécanismes de contrôle internes.

Mausi Segun, responsable de la division Afrique, souligne que les régimes militaires sahéliens ont intensifié la censure et les restrictions de mouvement, délaissant les promesses de retour à un ordre constitutionnel. Elle appelle à une mobilisation régionale accrue pour protéger les droits des citoyens et rouvrir le dialogue politique.

Cette analyse globale des droits humains couvre plus d’une centaine de nations. Philippe Bolopion, à la tête de l’organisation, avertit que la montée de l’autoritarisme mondial représente un défi majeur pour les générations actuelles. Face aux menaces pesant sur le système international des droits humains, il exhorte les sociétés civiles et les démocraties à s’unir pour sauvegarder les libertés publiques.

Principaux points de tension identifiés :

  • Niger et Mali : Les autorités ont suggéré de prolonger les périodes de transition de cinq ans et ont suspendu les activités des partis politiques. Au Tchad, le verrou limitant les mandats présidentiels a été levé.
  • Répression des voix dissidentes : Au Burkina Faso et au Mali, des activistes et des journalistes ont été victimes d’arrestations arbitraires ou d’enrôlements forcés. Au Nigeria, la législation sur la cybercriminalité est utilisée pour museler la presse. Le cas de Mohamed Bazoum au Niger, toujours détenu sans procès, et la lourde condamnation de Succès Masra au Tchad illustrent cette tendance.
  • Violences armées et impunité : Des massacres de civils perpétrés par le GSIM et l’État islamique au Sahel ensanglantent la région. En parallèle, les armées du Burkina Faso et du Mali, épaulées par le groupe russe Africa Corps (anciennement Wagner), sont accusées d’exécutions sommaires ciblant notamment la communauté peule.
  • Insécurité au Nigeria : L’État de Borno fait face à un regain d’activité de Boko Haram, tandis que les gangs armés sévissent dans le nord-ouest du pays sans réaction gouvernementale efficace.
  • Isolement diplomatique : Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont acté leur départ de la CEDEAO et annoncé leur retrait de la Cour pénale internationale (CPI), limitant les recours judiciaires pour les victimes.

Il est impératif que l’Union africaine et les instances internationales renforcent leurs actions pour garantir la sécurité des civils et le respect des droits humains face à ces multiples crises.