Crise politique au Sénégal : le pastef d’ousmane sonko exclu du nouveau gouvernement

Le président Bassirou Diomaye Faye a annoncé hier la composition du nouveau gouvernement sénégalais, excluant cette fois-ci le parti Pastef dirigé par son ancien Premier ministre, Ousmane Sonko. Cette décision intervient après des semaines de tensions entre les deux hommes, qui ont mené à un limogeage et à une reconfiguration majeure des équilibres politiques dans le pays.

une rupture politique aux conséquences immédiates

Depuis son éviction du poste de Premier ministre, Ousmane Sonko a été élu président de l’Assemblée nationale, marquant un tournant dans sa carrière politique. Pourtant, cette ascension n’a pas suffi à apaiser les désaccords avec le chef de l’État. Selon les informations officielles, les divergences portent principalement sur la répartition des rôles au sein de l’exécutif et la place du Pastef dans la nouvelle administration.

Dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux, le leader du parti a confirmé que le Pastef ne prendrait pas part au gouvernement. Il a évoqué des « divergences profondes » lors d’un entretien avec le président Faye, notamment sur la place du parti dans la majorité présidentielle et son rôle dans les décisions clés.

un gouvernement remanié et des figures majeures absentes

Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, nouveau Premier ministre, a présenté une liste de 30 ministres, où plusieurs cadres historiques du Pastef, présents dans le gouvernement précédent, ont été écartés. Cette exclusion reflète les tensions persistantes entre les deux hommes forts du pays, qui ont marqué la vie politique sénégalaise ces dernières années.

Le communiqué du Pastef précise que, malgré des « convergences confirmées », les propositions du parti n’ont pas été retenues par le chef de l’État. « Le PASTEF – Les Patriotes ne participera pas au prochain gouvernement et n’y sera représenté par aucun ministre », peut-on lire dans le texte.

un contexte économique déjà fragile

Cette crise politique survient alors que le Sénégal fait face à une situation économique délicate. La découverte en 2024 d’une sous-déclaration de la dette par l’administration précédente a plongé le pays dans une impasse financière. Avec une dette représentant 132 % du PIB à la fin de l’année dernière, les autorités tentent de négocier avec le Fonds monétaire international pour relancer un programme de prêt suspendu de 1,8 milliard de dollars.

Le ministre des Finances a indiqué que des discussions clés étaient prévues la semaine prochaine, avec l’espoir de parvenir à un accord d’ici le 30 juin. Un enjeu crucial pour le pays, qui doit concilier stabilité politique et redressement économique.

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