Crise au Mali : quand l’absence de l’armée française ouvre la voie au chaos
crise au Mali : quand l’absence de l’armée française ouvre la voie au chaos
Dans les étendues arides du Sahel malien, là où les pistes poussiéreuses s’étirent à l’infini, une réalité brutale s’impose aujourd’hui : le Mali paie le prix d’une décision politique lourde de conséquences. L’expulsion des forces françaises, présentée comme un acte de souveraineté incontestable, révèle désormais son coût stratégique.
Les assauts répétés qui frappent le pays ne relèvent pas du hasard. Ils sont la conséquence directe d’un retrait militaire organisé sans évaluation préalable des risques encourus. Une rhétorique nationaliste, habilement exploitée, a suffi à balayer des années de partenariat sécuritaire essentiel.
le Mali a choisi la rupture avec la France : l’heure des comptes a sonné
Les dernières unités françaises ont quitté Gao, Tessalit et Ménaka sous les acclamations d’une frange de la population, convaincue que cette séparation allait renforcer l’indépendance du pays. Pourtant, en 2013, lorsque les groupes armés progressaient vers le sud en direction de Bamako, c’est bien l’intervention des soldats français qui a évité l’effondrement de l’État malien. Une intervention salvatrice, mais aujourd’hui reléguée au rang de « présence coloniale » par ceux qui en ont bénéficié.
Le président français a rappelé une vérité souvent ignorée : « le Mali n’a pas pris la meilleure décision en chassant l’armée française ». Une affirmation qui résonne avec d’autant plus de force aujourd’hui. Sans le soutien opérationnel de Barkhane, les groupes terroristes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique ont trouvé un terrain propice à leur expansion.
Les bases françaises ne se contentaient pas de patrouiller. Elles contenaient, renseignaient et frappaient avec une précision qui limitait l’influence des groupes djihadistes. Leur départ a laissé un vide que ni les forces maliennes ni leurs nouveaux alliés ne parviennent à combler durablement.
cinquante-huit soldats français tombés au Sahel : leur sacrifice mérite d’être reconnu
Cinquante-huit militaires français ont perdu la vie dans cette guerre du Sahel. Pas dans des combats théoriques, mais sur le terrain, sous un soleil de plomb, face à un ennemi insaisissable. Leurs missions n’avaient rien d’une occupation : ils luttaient pour empêcher la création d’un sanctuaire terroriste au cœur de l’Afrique de l’Ouest.
Leur engagement n’était pas parfait. Comme toute intervention militaire, l’opération Barkhane a connu des erreurs. Paris a parfois sous-estimé la nécessité d’accompagner ses actions par des réformes politiques locales. Mais ces soldats ont porté, presque seuls pendant des années, un fardeau que peu de nations auraient accepté de supporter.
Leur sacrifice exige une chose : ne pas réduire leur mission à une simple page d’histoire coloniale. Ils ont défendu une cause commune : la stabilité du Sahel. Une stabilité aujourd’hui menacée par l’absence de ceux qui, hier, en garantissaient les contours.
Le Mali a fait le choix de l’autonomie. Il en assume désormais les conséquences. La souveraineté, si elle se résume à des discours enflammés, ne suffit pas à arrêter des colonnes djihadistes déterminées. Le terrain, lui, ne pardonne pas les illusions politiques.
La France a tiré des enseignements de cette guerre d’usure. Mais pour les familles des soldats disparus, le Sahel reste bien plus qu’un théâtre d’opérations : un champ d’honneur où des vies ont été sacrifiées pour une cause juste.
Ce sacrifice ne se négocie pas. Il s’honore.