Coopération militaire africaine : quand le Togo renforce ses alliances avec la Russie et l’africa corps
Le Togo mise sur de nouvelles alliances militaires pour sécuriser sa frontière sahélienne
Le président Faure Gnassingbé réorganise la stratégie de défense du Togo face à la menace terroriste
Depuis 2020, le Togo renforce discrètement ses capacités militaires pour contrer l’expansion des groupes armés au Sahel. Lomé a multiplié les partenariats stratégiques, notamment avec Ankara pour l’acquisition de moyens aériens, et avec Moscou via l’Africa Corps depuis 2025. Une stratégie qui redessine les équilibres sécuritaires en Afrique de l’Ouest.
Le Togo, frontalier du Ghana, du Bénin et du Burkina Faso, se positionne comme un acteur clé de la stabilité régionale. Dans l’ombre des crises qui secouent le Sahel, le pays a choisi de renforcer son autonomie militaire en s’appuyant sur des alliés inattendus. Entre coopération turque et partenariats russes, Lomé mise sur une diplomatie sécuritaire audacieuse pour protéger ses frontières.
Une réponse locale à une menace transnationale
La montée en puissance des groupes jihadistes au Burkina Faso et au Mali a accru la pression sur les pays voisins. Le Togo, confronté à des infiltrations et à des menaces potentielles, a décidé d’agir avant que la situation ne dégénère. En 2023, les autorités togolaises ont lancé un plan discret mais ambitieux : moderniser l’armée et sécuriser les zones frontalières.
Ce projet s’est concrétisé par des accords avec la Turquie, qui fournit désormais des drones et des formations pour les pilotes togolais. Une collaboration qui a permis à Lomé de renforcer sa surveillance aérienne, un atout majeur face à la porosité des frontières sahéliennes. Mais ce n’est pas tout : depuis 2025, le Togo collabore également avec l’Africa Corps, la force d’intervention russe en Afrique, pour une assistance logistique et technique.
Des alliances controversées mais stratégiques
Ces partenariats suscitent des interrogations. Certains observateurs s’interrogent sur les motivations profondes de ces collaborations, notamment avec la Russie, dont l’influence grandissante en Afrique de l’Ouest inquiète les partenaires traditionnels du Togo. Pourtant, pour Faure Gnassingbé, il s’agit avant tout d’une question de survie : « Nous devons garantir la sécurité de nos concitoyens, quels que soient les moyens », a-t-il déclaré lors d’un sommet régional.
L’Africa Corps, officiellement déployée depuis 2025, apporte un soutien concret : équipements modernes, formations spécialisées et même des conseillers militaires. Une aide précieuse pour un pays dont les ressources restent limitées face à l’ampleur de la menace terroriste. De son côté, la Turquie complète ce dispositif en offrant des solutions technologiques, comme des systèmes de renseignement et des drones de surveillance.
Un impact visible sur le terrain
Les résultats commencent à se faire sentir. Depuis le début de ces collaborations, le Togo a enregistré une baisse des incursions armées sur son territoire. Les forces togolaises, mieux équipées et formées, mènent désormais des opérations conjointes avec les pays voisins pour traquer les groupes criminels. Une coopération qui s’étend au-delà des simples échanges militaires : échanges de renseignements, patrouilles transfrontalières et partage d’expériences opérationnelles.
Pourtant, cette stratégie n’est pas sans risques. L’implication de puissances étrangères dans la sécurité régionale pourrait attirer l’attention de groupes armés, voire déclencher des représailles. Les autorités togolaises assurent cependant que ces alliances sont encadrées par des accords stricts, limitant toute ingérence politique.
L’avenir de la sécurité au Sahel
Le Togo incarne une nouvelle approche de la lutte antiterroriste en Afrique de l’Ouest. En misant sur des partenariats diversifiés, Lomé montre que les solutions locales peuvent être plus efficaces que les interventions extérieures. Une leçon que d’autres pays de la région pourraient suivre dans les années à venir.
Cependant, la question de la durabilité de ces alliances reste entière. La Russie, engagée dans plusieurs conflits en Afrique, pourrait-elle maintenir son soutien à long terme ? La Turquie, dont les priorités évoluent, continuera-t-elle à investir dans la région ? Pour Faure Gnassingbé, une chose est sûre : « La sécurité de notre pays et de notre sous-région est une priorité absolue. »