Condamnation de mohamed ould abdel aziz : ce que dit la décision des juges mauritaniens

La haute Cour mauritanienne a rendu un verdict partiel dans l’affaire de l’ex-président Mohamed Ould Abdel Aziz, confirmant certains chefs d’accusation tout en en invalidant d’autres. L’enrichissement illicite et le blanchiment d’argent restent les piliers de la condamnation, maintenue à 15 ans de prison ferme, tandis que des charges comme l’abus de pouvoir et le trafic d’influence ont été écartées.

une procédure judiciaire en suspens : vers une grâce présidentielle ?

La clôture de cette procédure judiciaire pourrait désormais déboucher sur une éventuelle grâce présidentielle. Plusieurs acteurs de la société mauritanienne, ainsi que des partenaires internationaux, pourraient jouer un rôle dans cette issue, bien que rien ne soit encore acté.

un lien historique entre l’ancien président et le chef de l’État actuel

Il est important de souligner l’ancienneté de la relation entre Mohamed Ould Abdel Aziz et Mohamed Cheikh Ghazouani, actuel président de la Mauritanie. Tous deux sont d’anciens officiers généraux formés au Maroc et partagent une amitié de plusieurs décennies.

analyse des réactions juridiques et politiques

Maître Lô Gourmo, avocat au sein du collectif de défense de l’État constitué en partie civile, a commenté cette décision. Pour lui, «la Cour suprême a partiellement cassé l’arrêt de la Cour d’appel de Nouakchott en abandonnant deux chefs d’accusation : l’abus de pouvoir et le trafic d’influence. Cependant, les éléments centraux du dossier, à savoir l’enrichissement illicite, le blanchiment et le recel, sont confirmés. Ces infractions justifient à elles seules la peine de 15 ans de prison ferme».

les implications constitutionnelles d’une condamnation pour abus de pouvoir

L’avocat a également précisé qu’une condamnation pour abus de pouvoir et trafic d’influence aurait pu entraîner une réintégration du condamné dans ses fonctions, en application de l’article 93 de la Constitution. Toutefois, cette perspective a été exclue par le Conseil constitutionnel, limitant ainsi la portée de la décision.

les attentes de la société civile mauritanienne

Mohamed Mahmoud Tolba, représentant de Mauritanie Transparency, a partagé le point de vue de son organisation. «Nous espérions un procès plus exhaustif, incluant tous les responsables impliqués dans la dilapidation des biens publics. Beaucoup de hauts fonctionnaires sont concernés par ces pratiques de gouvernance, mais seul le cas de Aziz a été retenu». Il a exprimé l’espoir que ce procès, malgré ses limites, marque le début d’une nouvelle ère en matière de transparence et de responsabilité.