Classement 2024 de l’indice de perception de la corruption : le Mali stagne dans les profondeurs
Le Mali recule dans l’Indice de perception de la corruption 2024
Selon le dernier Indice de perception de la corruption (IPC) publié par Transparency International, le Mali se classe au 136ᵉ rang sur 180 pays avec un score de 28/100. Ce résultat, loin d’être une surprise, confirme les difficultés persistantes du pays à endiguer ce fléau qui entrave sa gouvernance et son développement socio-économique.
Des institutions affaiblies et une gouvernance opaque
Le rapport met en lumière l’érosion des institutions de contrôle et l’opacité des finances publiques, deux problèmes majeurs qui alimentent une perception généralisée de corruption. Parmi les points noirs identifiés :
- Un manque criant de transparence dans l’attribution des marchés publics ;
- Une gestion financière publique souvent floue, propice aux détournements ;
- Une méfiance croissante des citoyens envers les services essentiels comme la justice, la santé ou l’éducation, souvent conditionnés par des pratiques de favoritisme ou des pots-de-vin.
Les rapports de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI) et du Bureau du Vérificateur Général illustrent ces dysfonctionnements, révélant une impunité persistante parmi les élites.
L’Afrique de l’Ouest face à un défi régional
Le Mali n’est malheureusement pas un cas isolé. Plusieurs pays de la sous-région affichent des scores tout aussi préoccupants, reflétant une gouvernance fragilisée et des systèmes publics peu transparents :
- Nigeria (25/100) : première puissance économique d’Afrique de l’Ouest, mais minée par des détournements massifs dans le secteur pétrolier ;
- Burkina Faso (30/100) : malgré une transition politique en cours, le pays peine à dépasser le seuil critique de 50/100 ;
- Ghana (43/100) : malgré une légère baisse, reste l’un des pays les plus transparents de la région.
L’Afrique subsaharienne, zone rouge de la corruption
Avec un score moyen de 32/100, l’Afrique subsaharienne se positionne comme l’une des régions les plus touchées par la corruption au monde. Plus des deux tiers des pays africains obtiennent un score inférieur à 50/100, signe d’une incapacité à lutter efficacement contre ce phénomène. Transparency International alerte également sur le risque de détournement des fonds climatiques, essentiels à l’adaptation des populations vulnérables face au changement climatique.
Parmi les pays les plus corrompus de la région figurent :
- Somalie (11/100) ;
- Soudan du Sud (13/100) ;
- République centrafricaine (19/100).
Ces États, en proie à des conflits prolongés, subissent un effondrement institutionnel qui exacerbe la corruption.
Les bons élèves de la transparence mondiale
À l’inverse, certains pays se distinguent par un engagement fort en faveur de la bonne gouvernance. Les nations nordiques trustent les premières places :
- Danemark (90/100) ;
- Finlande (88/100) ;
- Norvège (87/100).
Le Canada (75/100) et l’Allemagne (79/100) complètent ce classement, malgré quelques controverses récentes.
Les pires élèves : des États en crise permanente
En bas du classement, des pays ravagés par des instabilités politiques et des conflits armés :
- Somalie (11/100) ;
- Soudan du Sud (13/100) ;
- Syrie (14/100) ;
- Venezuela (14/100) ;
- Yémen (16/100).
Ces nations, marquées par des guerres civiles et un effondrement des institutions, offrent un terreau fertile à la corruption à grande échelle.
Un appel à l’action pour le Mali et ses partenaires
Transparency International insiste sur l’urgence de réformes structurelles pour briser ce cercle vicieux. Pour le Mali, cela implique :
- Un renforcement du cadre juridique ;
- Une indépendance accrue de la justice ;
- Une meilleure protection des lanceurs d’alerte.
Sans mesures concrètes, la corruption continuera de saper les institutions, de freiner la croissance économique et de creuser le fossé de défiance entre les citoyens et l’État. Une mobilisation nationale et internationale est indispensable pour inverser cette tendance et garantir un avenir plus stable et prospère.