Cardinal Ambongo et Sassou Nguesso : un dialogue clé pour la stabilité de la RDC
Cardinal Ambongo et Sassou Nguesso : un dialogue clé pour la stabilité de la RDC
Le Cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, a été reçu hier par le président Denis Sassou-Nguesso à Brazzaville. Cette audience s’inscrit dans un contexte marqué par les tensions politiques et sécuritaires en République Démocratique du Congo (RDC).
Une rencontre sous le signe de la préoccupation partagée
Lors de cette entrevue au Plateau, les deux personnalités ont échangé sur les défis majeurs auxquels fait face la RDC. Monseigneur Donatien Nshole, secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), présent aux côtés du Cardinal, a confirmé l’inquiétude des deux dirigeants face à la situation du pays.
« Le président Sassou-Nguesso s’est montré particulièrement préoccupé par la situation en République Démocratique du Congo, qu’il considère comme un pays frère. Il a tenu à écouter le Cardinal Ambongo, dont la voix porte une responsabilité historique dans la gestion des affaires humaines et communes. Pour lui, la fragilité actuelle de la RDC représente une menace sérieuse pour l’Afrique toute entière », a expliqué Mgr Nshole.
Des solutions envisagées pour sortir de la crise
Le chef de l’État congolais (République du Congo) a également partagé avoir déjà discuté avec le président Félix Tshisekedi. Selon Mgr Nshole, Denis Sassou-Nguesso a prodigué des conseils visant à aider la RDC à surmonter sa crise politique et sécuritaire.
L’Est de la RDC, épicentre des violences
Les discussions ont naturellement abordé la situation dans l’Est du pays, où les conflits armés persistent. Mgr Donatien Nshole a rappelé l’ampleur des conséquences humaines de cette guerre, soulignant que « la situation ne peut être minimisée » et que « des compatriotes ne peuvent plus vivre normalement ».
« Vous voyez ce qui se passe de l’autre côté, dans l’Est de la RDC. Le pays est en guerre. Une partie de nos concitoyens ne peuvent plus être parmi nous pour des raisons que vous connaissez. Les gens continuent à mourir sur les champs de bataille, et ce n’est pas négligeable », a-t-il déclaré.
L’Église catholique s’oppose au changement constitutionnel
Cette rencontre survient alors que l’Église catholique en RDC réaffirme son opposition à toute révision de la Constitution. Dans un message rendu public le 20 juin 2026, la CENCO a clairement indiqué que « ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité » ne justifient une modification du texte fondamental. Pour les évêques, la priorité reste la paix, le bien-être social et la cohésion nationale.
Cette prise de position intervient alors que la majorité présidentielle, l’Union sacrée de la Nation, envisage une révision constitutionnelle. Une initiative vivement contestée par l’opposition et plusieurs acteurs de la société civile, qui y voient une manœuvre pour contourner la limite des deux mandats présidentiels.
Le second mandat de Félix Tshisekedi doit s’achever en décembre 2028, avec une passation de pouvoir prévue en janvier 2029.
Contexte et enjeux
Cette audience s’inscrit dans une série de consultations menées par le président burundais et président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye, auprès des leaders religieux de la RDC et des acteurs politiques de l’opposition. Ces échanges visent à trouver des solutions à la crise multidimensionnelle que traverse le pays.
La rencontre entre le Cardinal Ambongo et le président congolais (République du Congo) illustre l’importance des dialogues interafricains dans la recherche de solutions aux conflits régionaux.