Campagne de vaccination au Tchad contre la poliomyélite et la malnutrition
Le gouvernement tchadien lance une vaste campagne de vaccination pour éradiquer la poliomyélite
Le ministre de la Santé publique et de la Prévention, Dr Abdelmadjid Abderahim, a officiellement lancé ce jeudi, au centre de santé d’Atrone dans le 7ème arrondissement de N’Djamena, les activités de la campagne nationale de vaccination contre la poliomyélite. Cet événement s’accompagne également d’une supplémentation en vitamine A et d’un déparasitage à l’albendazole, prévus pour se dérouler du 5 au 7 juin 2026.
Une mobilisation renforcée pour protéger les enfants tchadiens
La déléguée générale du gouvernement auprès de la province de N’Djamena, Amina Kodjienna, a souligné l’importance de cette opération complémentaire. Elle a appelé les chefs de famille à faciliter l’accès des équipes médicales aux enfants afin de garantir une couverture vaccinale optimale. « Protéger nos enfants, c’est protéger l’avenir de notre Nation », a-t-elle déclaré.
Le représentant du Rotary Club International a réaffirmé l’engagement de son organisation dans la lutte contre cette maladie. Il a insisté sur le rôle crucial des parents dans l’accompagnement des équipes de santé pour maximiser l’impact de cette campagne.
Pour sa part, le représentant de l’Unicef au Tchad, Luciano Calestini, a qualifié la poliomyélite de « maladie dévastatrice » et a plaidé pour une mobilisation sans précédent afin de l’éradiquer définitivement du territoire tchadien.
Un engagement collectif pour des résultats concrets
Le Dr Abdelmadjid Abderahim a précisé que cette intervention sanitaire majeure s’étendra à l’ensemble des 23 provinces du Tchad. « Il s’agit d’une étape cruciale dans notre combat pour éliminer les maladies évitables par la vaccination et améliorer le statut nutritionnel des enfants tchadiens », a-t-il affirmé.
Le ministre a rappelé que le Tchad n’a enregistré aucun cas de poliovirus sauvage depuis le 14 juin 2012, ce qui a valu au pays d’être certifié exempt de poliomyélite sauvage autochtone par la Commission Régionale de Certification de l’OMS pour l’Afrique en 2016. Malgré ces avancées significatives, il a mis en garde contre la persistance des poliovirus variants dérivés de souches vaccinales, qui continuent de menacer la santé des enfants.
Les chiffres de cette campagne sont impressionnants : 6 418 757 enfants âgés de 0 à 59 mois seront vaccinés contre la poliomyélite, tandis que plus de 4,6 millions d’enfants âgés de 6 à 59 mois recevront une supplémentation en vitamine A. Par ailleurs, plus de 4,2 millions d’enfants âgés de 9 à 59 mois bénéficieront d’un déparasitage à l’albendazole.
« Derrière ces statistiques, il y a des vies humaines, des familles et l’avenir de notre pays », a souligné le ministre. « Chaque enfant vacciné est une victoire contre la maladie. Chaque enfant supplémenté en vitamine A est un pas vers une meilleure santé. Chaque enfant déparasité est un pas vers un développement optimal. »
Objectif : atteindre au moins 95 % de couverture vaccinale
Dr Abdelmadjid Abderahim a fixé un objectif ambitieux : atteindre au moins 95 % de couverture vaccinale dans chaque district sanitaire. « Nous devons consolider les acquis du premier tour et mettre fin à la circulation des poliovirus variants sur l’ensemble du territoire », a-t-il déclaré.
Il a salué les succès de la campagne organisée en mai dernier, reconnaissant le travail exceptionnel des équipes de terrain, des superviseurs, des autorités locales et des communautés. « La santé des enfants est une responsabilité collective », a-t-il rappelé. « Elle concerne les familles, les communautés, les autorités locales, les partenaires et l’ensemble des citoyens. »
Le ministre a exprimé la gratitude du Gouvernement tchadien envers ses partenaires techniques et financiers, notamment l’OMS, l’Unicef, Gavi, le Rotary International et Nutrition Internationale, pour leur soutien inconditionnel dans la protection des enfants contre les maladies évitables.
Enfin, le Dr Abdelmadjid Abderahim a adressé des remerciements chaleureux à tous les acteurs mobilisés : agents de santé, superviseurs, vaccinateurs, mobilisateurs sociaux, volontaires et membres des communautés locales.