À Miski, dans le nord du Tchad, les tensions autour des mines d’or ont basculé dans la violence ce 14 octobre 2026. Deux soldats ont perdu la vie et neuf autres ont été blessés lors d’un accrochage entre la Brigade minière et le Comité d’autodéfense local. Cet incident, confirmé par l’armée, aggrave une crise sécuritaire déjà fragile, où l’accès aux ressources précieuses alimente les divisions.
Des combats aux motivations troubles
Vers 17 heures, dans la zone minière d’Awa, des échanges de tirs ont éclaté sans que les circonstances exactes ne soient encore élucidées. L’état-major des armées tchadiennes pointe du doigt le Comité d’autodéfense, l’accusant d’avoir déclenché l’affrontement et exigeant son désarmement immédiat. Selon l’armée, ce refus équivaudrait à une rébellion, violant ainsi les termes de l’accord de paix en vigueur.
Pour l’instant, aucune enquête indépendante n’a pu confirmer ces allégations, laissant planer le doute sur les responsabilités réelles.
Un climat de méfiance persistant
La dégradation de la situation ne date pas d’hier. Dès le 13 octobre, des tensions étaient signalées après des tirs attribués à la Brigade minière. Le Comité d’autodéfense avait dénoncé des prélèvements illégaux sur les sites aurifères et la présence contestée des forces militaires, qualifiant ces actes de provocations incompatibles avec le cessez-le-feu.
Les appels à la médiation gouvernementale se multiplient, mais le fossé entre les parties semble se creuser chaque jour.
L’accord de paix du Tibesti en péril
Le processus de pacification, établi par un accord signé le 20 avril 2025 et renforcé le 3 octobre 2026, est mis à rude épreuve. Le Comité d’autodéfense invoque le respect de ces engagements, tandis que l’armée considère que les groupes locaux les violent de manière flagrante. Au cœur du conflit : le contrôle économique des mines d’or et l’équilibre précaire entre les populations locales et les forces déployées pour sécuriser la région.
Des enjeux économiques lourds de conséquences
Le Tibesti, région riche en ressources minières, est désormais le théâtre d’une lutte d’influence où intérêts économiques et sécurité nationale s’entremêlent. La cohabitation entre les autodéfenses locales et les militaires s’annonce de plus en plus difficile, menaçant la stabilité d’un accord déjà fragile.
Quelle issue pour les civils de Miski ?
Pour l’instant, aucun bilan indépendant ne fait état de victimes civiles ou de déplacements de population. Pourtant, les habitants de Miski et des zones environnantes vivent dans l’angoisse d’une escalade. La seule issue acceptable passe par le dialogue et le respect strict des engagements pris, sous peine de voir la région sombrer dans un chaos plus large.
