Le général Assimi Goïta, président du Mali, se rend ce 5 novembre à Ouagadougou pour un sommet bilatéral avec son homologue burkinabè, Ibrahim Traoré. Cette visite, officielle et symbolique, met en lumière les relations étroites entre Bamako et Ouagadougou, tout en révélant une absence remarquée : celle du Niger, troisième membre de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Une rencontre bilatérale sous tension confédérale
L’AES, née en 2023 puis transformée en Confédération en 2024, repose sur une alliance entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Leurs dirigeants promettent depuis sa création une solidarité sans faille face aux défis sécuritaires, politiques et économiques qui frappent la région. Pourtant, la réunion prévue à Ouagadougou, limitée à Goïta et Traoré, soulève une question cruciale : pourquoi Niamey n’est-il pas présent ?
Cette absence n’est pas anodine. Elle intervient dans un contexte où l’AES cherche à affirmer sa légitimité sur la scène internationale, tout en consolidant ses mécanismes internes. Les deux chefs d’État ont-ils privilégié une approche bilatérale au détriment d’une concertation tripartite, ou s’agit-il d’une simple divergence d’agenda ?
L’AES reste active, mais l’absence du Niger intrigue
Le Niger n’est pas exclu des discussions au sein de l’AES. Quelques semaines plus tôt, les ministres des Affaires étrangères des trois pays se sont réunis à Ouagadougou pour coordonner leurs positions sur des dossiers régionaux. Cette initiative rappelle que l’alliance conserve des canaux de dialogue entre les trois capitales.
Cependant, la visite de Goïta à Ouagadougou sans Abdourahamane Tiani interroge sur la capacité de l’AES à maintenir une coordination régulière au plus haut niveau. Les rencontres bilatérales, bien que utiles, ne suffisent pas à incarner pleinement la vision commune de la Confédération.
Sécurité et diplomatie : des enjeux qui dépassent les frontières
Les trois pays de l’AES partagent des défis majeurs : insécurité persistante, pression des groupes armés et instabilité frontalière. La mutualisation des ressources militaires et le partage d’informations restent des priorités absolues. Mais pour que cette coopération porte ses fruits, une implication des trois États est nécessaire.
Sur le plan diplomatique, l’unité affichée par les trois capitales est un atout face aux partenaires internationaux. Une fracture visible, même ponctuelle, pourrait affaiblir leur position dans les négociations régionales.
L’avenir de l’AES se joue aussi à Niamey
La rencontre entre Goïta et Traoré sera analysée sous tous les angles. Si elle renforce les liens entre Bamako et Ouagadougou, son impact sur l’AES dépendra de la façon dont ses conclusions seront partagées avec Niamey. Une communication transparente entre les trois dirigeants sera déterminante pour éviter toute ambiguïté.
L’Alliance des États du Sahel a été construite sur la promesse d’une solidarité indéfectible. Une visite officielle à trois aurait pu symboliser cette unité. À défaut, la présence du Niger aux prochaines étapes confédérales sera scrutée de près. Car dans une alliance à trois, chaque membre compte.
