Abidjan : l’Afrique veut reprendre le contrôle de ses minéraux critiques pour un avenir durable

Réunis à Abidjan, les pays africains producteurs de minéraux critiques et leurs partenaires au développement ont affiché une ambition commune : faire des ressources stratégiques du continent un véritable moteur de transformation économique, industrielle et sociale. Au cœur des débats, la création de valeur locale, le financement du développement et l’émergence de chaînes de valeur régionales capables de répondre à la demande mondiale en pleine explosion.

Les pays africains riches en minéraux critiques et plusieurs partenaires au développement se sont retrouvés vendredi 10 juillet à Abidjan lors d’une conférence ministérielle destinée à redéfinir la place de l’Afrique dans l’économie mondiale des ressources stratégiques.

Abidjan, théâtre d’un nouveau pacte minier africain

L’objectif affiché est clair : permettre au continent de tirer pleinement profit de ses immenses réserves de minéraux critiques et les mettre au service d’un développement durable et inclusif.

«Un changement de paradigme» pour l’Afrique

À l’ouverture des travaux, le président de la Banque africaine de développement (BAD), Sidi Ould Tah, a appelé à une refonte profonde de la gestion des ressources naturelles africaines.

« L’objectif de cette conférence est d’opérer un changement de paradigme et d’établir un nouveau partenariat pour le continent africain, afin qu’il puisse mieux gérer ses ressources et en faire bénéficier directement sa population », a-t-il déclaré.

La Côte d’Ivoire mise sur ses richesses du sous-sol

Présent à la conférence, le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a insisté sur la nécessité d’une solidarité continentale renforcée.

« Le défi est de transformer ces ressources en richesses durables et en prospérité partagée. Si les trajectoires de nos pays ne seront pas forcément uniformes, il sera difficile pour chacun d’atteindre ses objectifs seul. Il nous faut collaborer pour créer des chaînes de valeur régionales », a-t-il affirmé.

Un potentiel colossal face à une demande mondiale explosive

L’enjeu est de taille. L’Afrique détient environ 30 % des réserves mondiales des minéraux les plus stratégiques de la transition énergétique, notamment le cobalt, le lithium, le graphite, les terres rares, les métaux du groupe du platine, le cuivre, le manganèse et le nickel.

La valeur estimée des ressources minérales du continent atteint près de 29 500 milliards de dollars, soit plus de huit fois le PIB annuel africain et près de 20 % des ressources mondiales. Parmi elles, environ 8 600 milliards de dollars de réserves restent encore inexploitées.

Une occasion historique à ne pas manquer

Cette dynamique s’inscrit dans une profonde mutation industrielle mondiale portée par la transition énergétique. La seule chaîne de valeur des véhicules électriques et des batteries pourrait passer de 7 000 milliards de dollars en 2030 à 59 000 milliards de dollars en 2050.

Face à cette opportunité historique, les dirigeants africains réunis à Abidjan ont affiché leur volonté de rompre avec le modèle d’exportation brute des matières premières. Leur ambition : faire des minéraux critiques un puissant levier d’industrialisation, de création d’emplois et de prospérité durable pour le continent.