Bénin : une présidence stratégique au Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine

Le Bénin s’apprête à marquer l’histoire de sa diplomatie africaine en prenant, à compter de septembre 2026, la tête du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine. Une responsabilité temporaire mais décisive, qui s’inscrit dans un mandat de deux ans (2026-2028) obtenu en février 2026. Cette présidence tournante, bien que non décisionnelle, offre à Cotonou une plateforme unique pour influencer les priorités sécuritaires du continent.

Un mandat continental sous les projecteurs

L’élection du Bénin parmi les 15 membres du CPS en février dernier a été suivie de près par les observateurs. Sept mois après cette désignation, le pays s’apprête à endosser un rôle central dans la gestion des crises africaines. La ministre béninoise des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet, a finalisé les préparatifs lors d’un échange à Addis-Abeba avec Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’UA, en marge d’une réunion du Conseil exécutif de l’organisation.

Un agenda sous l’influence de Cotonou

Durant son mois de présidence, le Bénin ne disposera pas d’un pouvoir de décision autonome, mais jouera un rôle clé dans la sélection des sujets prioritaires. Son influence se manifestera à travers :

  • La définition de l’ordre du jour : choix des thèmes majeurs à aborder lors des sessions, en fonction des enjeux immédiats du continent.
  • La mise en lumière des crises urgentes : orientation des débats vers les zones de tension persistantes, comme le Sahel, le Soudan ou la Corne de l’Afrique.
  • La coordination interinstitutionnelle : pilotage des échanges avec les autres entités de l’UA, dont le Groupe des sages et la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples.

Une opportunité diplomatique en pleine Assemblée générale de l’ONU

Le calendrier de cette présidence béninoise du CPS se révèle particulièrement stratégique. En septembre 2026, la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies se tiendra à New York. Cette coïncidence offre au Bénin une tribune exceptionnelle pour porter la voix de l’Afrique sur les questions de sécurité et de gouvernance devant l’échiquier international.

Cette double responsabilité place Cotonou au cœur des débats mondiaux, renforçant ainsi son rôle de médiateur et de porte-parole des intérêts africains. Un défi ambitieux pour le pays, qui devra concilier ses priorités nationales avec les attentes continentales.